Notre sélection d'activités incontournables à vivre aux Bahamas
Vibrer au rythme du Junkanoo sur Bay Street à Nassau
Le
Junkanoo est l'âme culturelle des Bahamas, cette explosion de couleurs, de cuivres et de tambours goatskin qui envahit Bay Street chaque 26 décembre et 1er janvier. Les groupes comme les Valley Boys et les Saxon Superstars défilent dans des costumes spectaculaires fabriqués pendant des mois, portés par une énergie contagieuse qui puise dans nos racines africaines. C'est bien plus qu'un carnaval : c'est notre identité en mouvement.
L'atmosphère devient électrique dès minuit, quand les premiers cowbells résonnent. Pour vivre pleinement l'expérience, arriver vers 23h permet de saisir la montée de tension avant le départ du défilé. Les locaux apportent chaises pliantes et glacières, installés depuis des heures pour défendre leur spot.
Déguster un conch salad au Fish Fry d'Arawak Cay
Arawak Cay, qu'on appelle simplement "The Fish Fry", est le cœur battant de Nassau quand le soleil décline. Les cabanes colorées servent le vrai trésor bahaméen : conch salad préparé devant vous, cracked conch doré à la perfection, peas n' rice onctueux, et ce guava duff qui termine les repas dans un nuage de nostalgie sucrée. Chaque vendeur a sa recette secrète transmise depuis des générations.
L'ambiance explose le week-end quand le rake-and-scrape démarre, cette musique traditionnelle jouée à la scie, à l'accordéon et au tambour. On y croise autant de familles du quartier que de travailleurs après leur shift, tous attablés ensemble sous les étoiles. (Les jeudis et vendredis soirs sont les plus animés, avec parfois des groupes live jusqu'à tard.)
Explorer Mount Alvernia et l'héritage du rake-and-scrape à Cat Island
Cat Island garde l'authenticité des Bahamas d'avant le tourisme de masse. Le mont Alvernia culmine à 63 mètres – le point le plus haut de l'archipel – avec son ermitage construit pierre par pierre par Father Jerome, un prêtre architecte qui s'y retira dans les années 1940. La vue embrasse l'île entière, ce long ruban vert bordé d'un dégradé de bleus impossibles.
L'île est aussi le berceau du rake-and-scrape, cette musique envoûtante née dans les settlements isolés. Les villages comme Old Bight et New Bight conservent des maisons traditionnelles et des églises centenaires. En juin, le Cat Island Rake n' Scrape Festival transforme l'île en célébration géante où trois générations dansent ensemble jusqu'à l'aube.
Marcher sur les traces de Colomb à San Salvador
San Salvador accueillit Christophe Colomb le 12 octobre 1492, premier contact européen avec le Nouveau Monde. Le monument de Dixon Hill marque le supposé site de débarquement, où les Lucayens – nos premiers habitants – rencontrèrent les voiles espagnoles. L'île abrite aussi des vestiges lucayens et plusieurs croix commémoratives plantées à différents endroits réclamés comme le véritable point d'arrivée.
Au-delà de l'histoire, San Salvador séduit par son isolement préservé. Les plages désertes s'étendent sur des kilomètres, les eaux regorgent de sites de plongée vierges, et les quelques centaines d'habitants perpétuent un mode de vie paisible. Cockburn Town, la minuscule capitale, semble figée hors du temps avec ses maisons pastel et son rythme tranquille.
Contempler Glass Window Bridge entre deux océans à Eleuthera
Glass Window Bridge relie deux masses d'eau aux tempéraments opposés : l'Atlantique sombre et agité au nord, les Bahama Banks turquoise et calmes au sud. Cette étroite bande rocheuse offre un spectacle saisissant où l'on voit littéralement la différence de couleur et de vague d'un côté à l'autre. Les jours de tempête, les vagues atlantiques s'écrasent avec une violence qui fait trembler le pont.
Eleuthera mérite qu'on s'y attarde bien au-delà de ce pont iconique : les grottes marines près d'Hatchet Bay, les falaises roses de The Bluff, Harbour Island et sa Pink Sands Beach accessible par water taxi, et Governor's Harbour avec son architecture coloniale préservée. (La route côtière Queen's Highway traverse l'île du nord au sud, révélant des plages secrètes à chaque tournant.)
Plonger dans Dean's Blue Hole, vertige turquoise de Long Island
Dean's Blue Hole s'enfonce à 202 mètres sous la surface, gouffre le plus profond au monde accessible depuis une plage. La transition du turquoise laiteux au bleu encre créé un vertige fascinant, comme si la terre s'ouvrait sur un abîme liquide. Chaque année, la compétition Vertical Blue attire les meilleurs apnéistes de la planète, descendant à des profondeurs défiant l'entendement.
Même sans plonger en profondeur, nager au-dessus du vide procure une sensation unique. Les jours de mer d'huile, les couleurs atteignent une intensité presque irréelle. Long Island elle-même reste une perle méconnue : falaises côté Atlantique, plages poudrées côté Banks, et des villages comme Clarence Town avec ses églises jumelles dessinées par Father Jerome.
Rencontrer les iguanes rocheux endémiques d'Allen's Cay
Allen's Cay abrite une population d'iguanes rocheux des Bahamas (Cyclura cychlura), espèce endémique trouvée nulle part ailleurs au monde. Ces reptiles préhistoriques émergent des buissons quand les bateaux accostent, curieux mais prudents. Leur peau grise se fond dans la roche calcaire, et les mâles arborent des crêtes dorsales impressionnantes.
Observer ces créatures demande du respect : le Bahamas National Trust insiste pour qu'on ne les nourrisse pas, malgré ce que font certains tours. Leur régime naturel – feuilles, fruits sauvages, fleurs – suffit amplement. Les voir dans leur habitat naturel, se chauffant sur les rochers ou disparaissant dans la végétation basse, rappelle que ces îlots des Exumas fonctionnent comme des arches de Noé pour notre faune unique.
Naviguer vers Thunderball Grotto, cathédrale sous-marine des Exumas
Thunderball Grotto doit sa célébrité au James Bond "Opération Tonnerre", mais sa beauté dépasse largement son statut cinématographique. On entre par une ouverture à marée basse, tuba en bouche, pour découvrir une salle circulaire où la lumière filtre par des trous dans la roche, créant des colonnes lumineuses changeantes. Des bancs de poissons tropicaux tourbillonnent dans ces faisceaux comme dans un aquarium naturel.
Le timing est crucial : venir deux heures avant ou après la marée basse permet d'entrer facilement. À marée haute, les courants deviennent traîtres et les entrées submergées. Staniel Cay, le village voisin, conserve son authenticité avec son yacht club décontracté et ses quelques dizaines d'habitants vivant du tourisme et de la pêche. (Les excursions depuis George Town combinent souvent plusieurs sites des Exumas en une journée.)
Pagayer à travers les mangroves sauvages de Bimini
Les mangroves de North Bimini forment un labyrinthe aquatique où le silence n'est rompu que par le clapotis de la pagaie et les cris d'oiseaux marins. Ces forêts de palétuviers sont les nurseries de l'océan : jeunes snappers, tarpons argentés, crabes violonistes et raies juvéniles y trouvent refuge. Les racines entrelacées créent des tunnels ombragés où le temps semble suspendu.
Bimini, à 90 kilomètres des côtes floridienne, a toujours été le pont entre les Bahamas et l'Amérique. Hemingway y pêchait le marlin dans les années 1930, fréquentant le Compleat Angler qui exposait encore récemment ses photos. L'île garde cette atmosphère particulière, mélange de pêcheurs sérieux et d'échappées tropicales. (Louer un kayak transparent en fin d'après-midi transforme l'expérience, la lumière dorée sublimant chaque détail.)
Découvrir le patrimoine maritime et les chantiers navals d'Abaco
Les Abacos ont construit leur identité sur la mer. À Man-O-War Cay, les chantiers navals fabriquent encore des bateaux selon les techniques traditionnelles transmises depuis les loyalistes arrivés en 1783. Ces refugiés britanniques fuyant la Révolution américaine apportèrent leur savoir-faire maritime, créant une culture nautique unique. Aujourd'hui, les voiliers Abaco sont reconnus dans toute les Caraïbes.
Hope Town, sur Elbow Cay, incarne cette tradition avec son phare à rayures rouges et blanches – l'un des derniers au monde encore allumé à la main quotidiennement. Le village interdit les voitures ; on circule en golf cart entre maisons coloniales pastel et jardins tropicaux. Grimper les 101 marches du phare en fin d'après-midi récompense avec une vue à 360° sur Sea of Abaco, où les voiliers glissent comme dans un rêve maritime.
S'immerger dans l'histoire esclavagiste à Clifton Heritage Park
Clifton Heritage Park, sur la côte ouest de New Providence, raconte les chapitres douloureux qu'on préfère souvent oublier. Les ruines des plantations loyalistes témoignent du système esclavagiste qui façonna les Bahamas après 1783. Les vestiges de villages d'esclaves, les murs de pierre envahis par la végétation, et les sites funéraires lucayens coexistent dans ce parc chargé d'histoire.
Les sentiers serpentent entre passé précolombien et période coloniale, menant à des falaises surplombant des eaux cristallines. Un petit sentier sous-marin prolonge la visite avec quelques sculptures immergées et du corail naturel, mais c'est vraiment l'histoire terrestre qui constitue le cœur du site. Les panneaux explicatifs détaillent la vie des Lucayens, premiers habitants anéantis en quelques décennies après l'arrivée des Espagnols.
Participer aux régates traditionnelles d'Out Islands
Les régates d'Out Islands constituent l'ossature sociale de l'archipel d'avril à août. Ces compétitions de sloops classe A et B – voiliers en bois construits localement – transforment chaque île hôte en festival géant. Long Island Regatta, Cat Island Regatta, Exuma Regatta : chacune attire des centaines de visiteurs venus des autres îles, créant une ambiance de retrouvailles nationales.
Les courses sont sérieuses – les équipages s'entraînent toute l'année – mais l'atmosphère reste festive. Les villages montent des food stands servant conch, poisson grillé et rake n' scrape cake. Des groupes jouent jusqu'à l'aube, les enfants courent entre les jambes des adultes, et des amitiés se nouent autour de Kalik bien fraîches. C'est là qu'on comprend que les Bahamas ne sont pas 700 îles séparées, mais un archipel profondément uni par la mer.
Plonger sur la troisième barrière de corail au monde à Andros
Andros possède la troisième plus grande barrière de corail mondiale, un mur sous-marin spectaculaire qui plonge dans Tongue of the Ocean – cette fosse abyssale atteignant 2000 mètres de profondeur. Les sites de plongée alternent jardins coralliens peu profonds et vertigineux drop-offs où le récif s'effondre dans le bleu profond. Éponges géantes, poissons-perroquets, tortues et parfois requins-citrons patrouillent ces eaux d'une clarté dépassant régulièrement 40 mètres.
Andros reste l'île la plus grande et la moins développée de l'archipel, couverte de forêts de pins et criblée de trous bleus intérieurs – plus de 200 recensés. Cette nature sauvage abrite encore des pratiques de bush medicine, ces remèdes traditionnels à base de plantes transmis oralement. (Fresh Creek et Small Hope Bay Lodge servent de bases pour explorer l'île, avec des dive shops réputés et des guides connaissant chaque recoin du récif.)
Admirer Pink Sands Beach, merveille pastel de Harbour Island
Pink Sands Beach déroule cinq kilomètres de sable réellement rose, teinte créée par des micro-organismes (foraminifères) dont les coquilles broyées se mêlent au sable blanc et au corail. La couleur varie selon l'heure : presque blanche à midi sous le soleil écrasant, franchement rose au lever du jour et au crépuscule. La mer reste constamment calme, protégée par le récif offshore.
Harbour Island, accessible uniquement par water taxi depuis Eleuthera, cultive une élégance décontractée. Dunmore Town aligne ses cottages coloniaux aux couleurs pastel le long de ruelles étroites où les golf carts règnent en maîtres. L'île attira longtemps une clientèle discrète fuyant les mégaresorts – familles d'old money américain, artistes, et Bahaméens d'élite. (Louer un golf cart permet d'explorer facilement, mais marcher pieds nus reste le meilleur moyen d'apprécier ce sable unique.)
Tisser avec les artisanes du Straw Market de Nassau
Le Straw Market authentique – pas celui gonflé de contrefaçons chinoises sur Bay Street – se trouve dans les settlements et à Arawak Cay où des artisanes tressent encore chapeaux, paniers et nattes selon les techniques ancestrales. Ces femmes apprennent dès l'enfance à travailler la palme séchée, créant des motifs complexes transmis de mère en fille depuis les temps lucayens. Chaque île développa son propre style : les roses d'Eleuthera, les ananas d'Abaco.
Observer leurs mains agiles transformer des lanières végétales en objets utilitaires hypnotise. Elles travaillent souvent en groupe, bavardant et riant, leurs doigts ne s'arrêtant jamais. Acheter directement auprès d'elles garantit l'authenticité et soutient une tradition menacée par l'importation massive. Les véritables pièces bahaméennes portent toujours quelques imperfections – preuve du travail humain – là où les faux industriels affichent une régularité suspecte.
Explorer les ruines loyalistes de Great Exuma
Les plantations abandonnées de Great Exuma – notamment autour de Rolle Town et Steventon – racontent l'échec du coton aux Bahamas. Les loyalistes arrivés dans les années 1780 tentèrent de reproduire le modèle de plantation sudiste, amenant leurs esclaves par centaines. Mais le sol calcaire pauvre épuisa rapidement les terres, et les plantations périclitèrent en quelques décennies, laissant ces propriétaires ruinés repartir et leurs esclaves libérés de facto bien avant l'abolition officielle de 1834.
Les murs de pierre envahis par la végétation tropicale créent une atmosphère mélancolique, vestiges d'un système qui ne prit jamais racine. Lord Rolle, propriétaire colossal, légua ses terres à ses anciens esclaves – d'où le nom Rolle Town, peuplé de descendants portant encore ce nom. Les tombes de Rolle Town Tombs, au bord de l'eau, ajoutent une dimension poignante avec leurs stèles inclinées face à la mer. (Combiner cette visite avec une baignade à la plage voisine permet d'équilibrer réflexion historique et détente tropicale.)