Visiter Moorea : 9 incontournables à faire et voir (Polynésie française)

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Trente minutes de ferry depuis Papeete. C’est tout ce qui sépare Moorea de Tahiti, et pourtant la majorité des voyageurs passent à côté de la moitié de l’île. Deux baies profondes encadrées par du basalte, un lagon presque intact, des champs d’ananas à 300 m d’altitude : l’île se mérite avec un minimum d’organisation. Voici les 9 sites et activités majeurs de Moorea, classés dans le bon ordre, avec les conseils pratiques pour chacun.

1. Le belvédère d’Opunohu : le point de départ logique

vue sur le mont Rotui, les Baies de Cook et d'Opunohu

Shutterstock : Coupek Martin

C’est le seul endroit accessible par la route où vous voyez simultanément la baie de Cook (Paopao) et la baie d’Opunohu, séparées par le mont Rotui à 899 m. Arrivez avant 8h : la lumière est meilleure, les nuages n’ont pas encore envahi les sommets, et vous serez souvent seul face au panorama. Anecdote pour la route : le capitaine Cook a jeté l’ancre dans la baie d’Opunohu en 1777, c’est pourtant Paopao qui a hérité de son nom.

Pour y accéder en toute sécurité avec une voiture classique ou un scooter, prenez la route intérieure goudronnée depuis la baie d’Opunohu (la voie depuis la baie de Cook est une piste non goudronnée). La montée traverse les champs d’ananas du lycée agricole et des pâturages. Vous constaterez très vite que le dépaysement commence bien avant d’arriver au sommet.

Si vous avez loué un 4×4, c’est l’occasion d’emprunter cette fameuse route des ananas pour redescendre vers la baie de Cook. Le belvédère sert aussi de point de départ aux randonnées du col des Trois Cocotiers. Prévoyez donc de l’eau et des chaussures fermées si vous comptez explorer les sentiers.

2. Les deux baies : Cook et Opunohu

Superbe vue sur la baie de Cook à Moorea

Crédit photo : AllTrails

La baie de Cook, aussi appelée Paopao, concentre la vie de l’île : restaurants, snack-bars, quelques commerces. À proximité, sur la pointe de Pihaena, se trouvent les Coral Gardeners. Cette association propose une sortie en bateau pour découvrir sa nurserie de corail, une étape concrète pour comprendre les enjeux du récif avant d’y plonger. La baie d’Opunohu, juste à côté, offre un tout autre visage. Plus profonde, encaissée entre les falaises, elle reste quasi déserte, presque intimidante par son silence.

Redescendez du belvédère et longez la côte en voiture pour apprécier le contraste entre les deux anses. En bord de baie d’Opunohu, le Fare Natura mérite 1h de visite. Cet écomusée (environ 10 € l’entrée) décrypte les écosystèmes et la culture polynésienne locale, une bonne option si le ciel se couvre. Au fond de la baie de Cook, levez les yeux vers le mont Mou’a Roa. Son profil aigu se découpe nettement sur le rempart basaltique depuis la côte.

Au fond de ces baies, les eaux sont suffisamment calmes pour faire du paddle ou du kayak. La faune marine s’observe souvent depuis le bord : raies, petits requins à pointes noires, pieuvres. Pour manger, visez les snacks fréquentés par les locaux. Vous y trouverez du poisson cru au lait de coco pour une quinzaine d’euros, un choix bien plus pertinent que les terrasses pour touristes. Côté logement, il existe des pensions avec vue directe sur l’eau à partir de 110 € la nuit. Une alternative sérieuse face aux grands complexes hôteliers de l’île qui dépassent souvent les 900 €.

3. La plage de Temae

La plage de Temae, Moorea

Crédit photo : Wikimédia – Guellouz Mehdi

Temae est la meilleure plage publique de Moorea : sable blanc, eau translucide, coraux accessibles à la nage depuis le bord. Pas besoin de partir en excursion pour voir des poissons tropicaux. Vous posez votre serviette, vous mettez le masque, vous êtes dedans. Par temps dégagé, Tahiti se découpe à l’horizon, à une quinzaine de kilomètres. La plage se trouve côté nord-est, à moins de 10 min en voiture au nord du débarcadère de Vaiare.

Le spot de snorkeling le plus riche se situe au sud de la plage, vers les bungalows sur pilotis du grand resort qui borde cette portion de côte. Un léger courant longe souvent la côte : mettez-vous à l’eau un peu plus au nord et laissez-vous porter. Ne touchez pas les coraux, ne marchez pas dessus : un corail piétiné, c’est des années de croissance effacées.

L’ombre ne manque pas grâce à la vaste cocoteraie qui borde le sable. Mais vérifiez toujours ce qui se trouve au-dessus de votre serviette pour éviter les chutes de noix de coco. N’oubliez pas la crème solaire minérale, indispensable pour ne pas polluer le lagon. Si vous prenez le ferry ensuite, restez sur le pont extérieur. Vous aurez peut-être la chance de voir des dauphins et des baleines directement dans le chenal entre Moorea et Tahiti.

4. Le lagon et les excursions en bateau

Sortie en bateau à Moorea

Crédit photo : Flickr –
Laurent LEBOURGEOIS

C’est l’activité centrale de tout séjour à Moorea, et elle tient ses promesses. Le format classique dure une demi-journée : départ en bateau, nage avec des raies pastenagues et des requins pointe noire en eau peu profonde. Puis, snorkeling sur les coraux et déjeuner sur un motu. Les requins pointe noire sont inoffensifs dans ce contexte. Ils mesurent généralement entre 1 m et 1,50 m et nagent calmement autour des visiteurs. Certaines sorties incluent aussi des dauphins et des tortues, selon les zones et la saison. Les meilleures excursions intègrent un volet culturel : ouverture de noix de coco, préparation du poisson cru au lait de coco, nouage du paréo.

Choisissez une sortie matinale, avant 8h. À cette heure, les spots sont quasi déserts, et l’expérience n’a rien à voir avec les excursions de milieu de journée où les groupes se superposent. Si vous voyagez en couple pour une occasion particulière, certains opérateurs proposent des sorties au coucher du soleil privatisables. Pour une option plus autonome, des prestataires et certains hébergements louent des kayaks transparents pour explorer le lagon à votre rythme. Dernier point : apportez une crème solaire respectueuse des fonds marins. Son utilisation est indispensable et désormais exigée par la grande majorité des prestataires.

5. Observer les baleines à bosse (juillet à novembre)

Baleine à bosse à Moorea

Crédit photo : Wikimédia – Fanny MARTRE

Moorea compte parmi les rares endroits au monde où l’on peut nager à quelques mètres d’une baleine à bosse. Les femelles viennent mettre bas dans les eaux chaudes au-delà de la barrière de corail entre juillet et novembre, avec un pic en septembre et octobre. Elles n’entrent jamais dans le lagon, trop peu profond pour elles. Les excursions proposent une mise à l’eau encadrée dans le respect d’une charte d’approche stricte : distance minimale imposée, aucun contact, guide certifié obligatoire.

L’association Mata Tohora fait référence sur l’île pour la protection des cétacés. Notre recommandation est de choisir uniquement des prestataires agréés par la DIREN ou ayant suivi la formation Mata Tohora. Il arrive que certains opérateurs moins scrupuleux s’affranchissent des règles.

Réservez bien à l’avance si vous venez en haute saison : les places partent vite, surtout en septembre. En fin de saison (fin octobre et novembre), les chances d’observation tombent autour de 50 % selon les opérateurs. Si la mise à l’eau ne vous tente pas, rester sur le bateau est une excellente alternative. Le chant des baleines capté par un hydrophone et diffusé à bord s’avère particulièrement marquant. La plupart des excursions se terminent par une session de nage avec les requins à pointes noires et les raies pastenagues à l’intérieur du lagon, palmes et masques fournis. Le reste de l’année, les grands dauphins et les dauphins à long bec restent présents et se croisent très régulièrement lors des sorties classiques.

6. La route des Ananas et l’intérieur de l’île

Champ d'ananas à Moorea

Crédit photo : Wikimédia – Verodemortillet

Moorea produit les ananas parmi les plus sucrés de Polynésie, et l’intérieur de l’île le rappelle à chaque virage. La route qui traverse le cœur de l’île entre les deux baies longe de vastes champs, encadrés par des pics de basalte. Arrêtez-vous à l’usine Rotui pour une dégustation de jus et liqueurs à base de fruits locaux. Le lycée agricole d’Opunohu, situé sur la route du belvédère, vend aussi ses confitures et jus pressés directement sur place.

Prévoyez des chaussures fermées à bonne semelle si vous comptez explorer les sentiers à pied ou à vélo. Le sol devient vite boueux après la pluie, et les racines rendent certains passages glissants. Un imperméable est fortement conseillé, le temps change très vite au centre de l’île. En quad ou en 4×4, la piste reste praticable. Des vendeurs de fruits frais, de miel et d’eau de coco bordent les routes et proposent des produits locaux pour quelques euros. Vous cherchez un peu d’action ? Rendez-vous au Tiki Parc qui se cache dans la forêt d’Opunohu. Ses parcours d’accrobranche et ses tyroliennes sont disponibles moyennant environ 35 € par adulte.

7. Les randonnées

Vue depuis la montagne magique de Moorea en Polynésie française

Shutterstock : Raphaelle Gagnon-durand

Moorea possède plusieurs sentiers, du plus accessible au plus technique. Quelle que soit l’option retenue, commencez à marcher avant 8h. Les nuages accrochent systématiquement les sommets dès le milieu de journée, et la forte humidité rend l’effort pénible. Le répulsif anti-moustiques est une nécessité absolue en forêt. La Montagne Magique reste notre choix privilégié pour une sortie courte. Comptez 1h de marche aller-retour sur une piste raide située sur un domaine privé (prévoyez environ 200 francs pacifiques, soit un peu moins de 2 €, en espèces à l’entrée). L’arrivée offre un panorama plongeant sur la baie d’Opunohu et le lagon, sans être un vrai 360°.

Le col des Trois Cocotiers, dont le départ classique se fait depuis le belvédère d’Opunohu, demande 2h30 à 3h aller-retour dans une forêt dense. Le point de vue final s’ouvre sur la caldeira, le mont Rotui et les deux baies (Cook et Opunohu). Les champs d’ananas et les ruines archéologiques des marae se visitent sur la route d’accès menant au parking du belvédère.

Pour les marcheurs confirmés, la Montagne Percée (Mou’a Puta, 830 m) impose un engagement physique sérieux. Tablez sur 5 à 6h de marche. Le recours à un guide local est indispensable pour faire face aux passages vertigineux. Sur ce type de sentier, les descentes s’avèrent bien plus délicates que la montée, avec boue et racines glissantes au programme. Des cordes fixes sécurisent les sections les plus abruptes. Chaussez des modèles à crampons profonds, prenez des bâtons, un vêtement de pluie et un grand volume d’eau.

8. Le tour de l’île en voiture ou scooter

Tour de l'île à scooter, Moorea

Crédit photo : Flickr – Ashley Fischer Linz

La route circulaire fait 60 km et longe entièrement le littoral. Partez dans le sens horaire depuis Vaiare pour finir sur la côte ouest au coucher du soleil : la lumière y est parfaite en fin de journée. Planifiez une journée complète avec les arrêts. Ne ratez pas le point de vue de Toatea, la petite église d’Haapiti nichée dans la végétation. Sans oublier le marae Nu’urua sur la côte ouest avec ses 101 m de long.

Louez votre voiture ou votre scooter avant de partir. Les rares bus locaux calquent leurs passages sur les arrivées des ferrys et restent inadaptés pour le tourisme. Les agences se trouvent face au terminal de Vaiare, ce qui permet de récupérer le véhicule dès le débarquement. Si vous n’avez pas d’expérience en deux-roues motorisés, les scooters électriques sont une option sérieuse : bonne autonomie, prix raisonnable et conduite accessible.

Attention toutefois, si la route de ceinture est totalement plate, l’accès vers l’intérieur des terres (comme la montée au belvédère d’Opunohu) est très pentu et déconseillé aux moteurs légers. Demandez conseil au loueur selon votre itinéraire. Réservez à l’avance, surtout en haute saison. Si vous voyagez depuis Tahiti avec une voiture de location, les navettes Aremiti et Terevau acceptent les véhicules à bord, ce qui évite de relouer sur place.

9. Culture polynésienne : marae et Tiki Village

Marae à Moorea

Crédit photo : Flickr – Rita Willaert

Dans la vallée d’Opunohu, le Sentier des Ancêtres traverse une forêt de mape et conduit à plusieurs marae. Ces plateformes de pierre volcanique constituaient les espaces sacrés de la société polynésienne, dédiés aux rites religieux et aux cérémonies liées aux ancêtres. C’est gratuit, bien balisé, et ça prend environ 1h. Ne manquez pas non plus le temple de Papetoai, construit en 1822 par des missionnaires protestants sur un ancien marae dédié au dieu ‘Oro. Ses huit côtés représentent les huit districts traditionnels de l’île.

Le Tiki Village, côté Haapiti sur la côte ouest, propose une autre approche : soirée buffet avec spectacle de danse ori tahiti, show de feu, ateliers culturels, ambiance grand format. C’est une bonne introduction aux danses et aux arts polynésiens si vous n’avez pas l’occasion d’assister à un événement local. Arrivez tôt : le coucher de soleil sur place vaut le début d’attente, et des boissons sont offertes dès 18h30. Prévoyez des vêtements légers (le théâtre est chaud et humide) et un répulsif anti-moustiques. Vérifiez le programme avant de réserver, les soirées ne sont pas quotidiennes.

Questions pratiques pour votre voyage à Moorea

Comment aller à Moorea ?

Depuis la France, il faut d’abord rejoindre Tahiti. Les vols directs depuis Paris Charles-de-Gaulle durent environ 22h avec escale, généralement à Los Angeles ou San Francisco. Air France et Air Tahiti Nui assurent cette liaison. Utilisez notre comparateur de vol pour dénicher les meilleures options.

Depuis Papeete, le ferry Aremiti ou Terevau relie Moorea en 30 à 45 min. Départs fréquents toute la journée depuis le port de Papeete. C’est le moyen le plus pratique et le moins cher. L’avion intérieur existe (15 min) mais coûte plus cher pour un gain de temps négligeable.

Comment se déplacer à Moorea ?

Il n’y a pas de transports en commun fiables sur l’île. La voiture est indispensable pour couvrir les 60 km du tour de l’île et accéder aux sites intérieurs. Des agences de location sont présentes près du débarcadère de Vaiare.

Le scooter convient si vous restez sur la côte. Certains ferries depuis Tahiti acceptent les véhicules, ce qui permet de traverser avec votre propre voiture de location prise à Papeete. Le vélo est envisageable pour les plus courageux, mais les dénivelés vers l’intérieur sont sérieux.

Où dormir à Moorea ?

Optez pour la côte nord-ouest, entre Papetoai et la baie de Cook. C’est là que se concentrent les hébergements les mieux placés, à portée des deux baies, du belvédère et des prestataires d’activités nautiques.

La côte ouest autour de Haapiti convient aux voyageurs qui veulent rester côté lagon et profiter du coucher du soleil. La côte sud est plus sauvage et moins équipée. Elle demeure intéressante si vous faites le tour complet de l’île et cherchez à éviter les zones plus fréquentées.

Quel budget prévoir pour un séjour à Moorea ?

La Polynésie française est une destination chère. Comptez minimum 150 à 200 € par personne et par jour en hébergement moyen gamme, repas locaux et activités de base. Les excursions bateau se négocient autour de 80 à 120 € par personne.

Quelle est la meilleure saison pour visiter Moorea ?

La saison sèche de mai à octobre est la période idéale : moins d’humidité, températures autour de 26-27°C, mer calme. C’est aussi la saison des baleines à bosse de juillet à novembre. La saison des pluies (novembre à avril) reste chaude mais les averses peuvent être intenses.

Faut-il un visa pour la Polynésie française ?

La Polynésie française est un territoire français. Les ressortissants de l’Union européenne n’ont pas besoin de visa, un passeport en cours de validité suffit. Pour les autres nationalités, les règles d’entrée sont les mêmes que pour la France métropolitaine.

Quelle monnaie utilise-t-on à Moorea ?

La monnaie locale est le franc pacifique (XPF), fixé à 1 euro pour 119,33 XPF. Les cartes bancaires sont acceptées dans la plupart des hébergements et grandes structures. Mais emportez du liquide pour les marchés, vendeurs de bords de route et petits prestataires locaux.

Carte des hôtels et logements - Polynésie Française
Plus d'inspiration

Depuis ma jeunesse, j'ai toujours été attiré par l'univers du tourisme et l'expérience de vivre à l'étranger. Alors, après avoir visité plus d'une trentaine de pays, j'ai décidé de m'installer dans un village au Sénégal en 2019 où j'ai la chance de vivre de ma passion pour les voyages.

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