Notre sélection d'activités authentiques à faire à Tahiti
Explorer la vallée sauvage de Papenoo en 4x4
La vallée de Papenoo traverse Tahiti de part en part, là où les anciens Polynésiens établirent leurs plus grands marae. En 4x4, vous remontez le cours de la rivière jusqu'au lac Vaihiria, unique lac naturel de toute la Polynésie française, perché à 473 mètres d'altitude. Les chauffeurs-guides connaissent chaque virage, chaque légende attachée aux cascades et aux bassins sacrés. Certains vous raconteront comment leurs ancêtres utilisaient ces pistes pour rejoindre la côte ouest, bien avant l'arrivée des Européens.
C'est l'immersion nature par excellence : fougères arborescentes, mape (châtaigniers tahitiens), vestiges de marae perdus dans la végétation. Partez tôt le matin quand la lumière rase illumine les parois volcaniques et que les nuages s'accrochent encore aux sommets. La piste traverse plusieurs fois la rivière (sensations garanties) et vous mène dans des zones où seuls les 4x4 peuvent passer.
Découvrir les marae d'Arahurahu et de Mahaiatea
Les marae sont les temples à ciel ouvert où nos ancêtres célébraient les dieux et les chefs. Le
marae d'Arahurahu, près de Paea, a été entièrement restauré selon les techniques traditionnelles : ahu (plateforme de pierres volcaniques), ti'i (sculptures) et reconstitutions d'autels. On y ressent encore le mana, cette énergie spirituelle qui imprègne les lieux sacrés polynésiens. Le site accueille parfois des cérémonies culturelles, notamment pendant le Heiva.
Le marae de Mahaiatea, à Papara, était le plus imposant jamais construit en Polynésie : onze étages de pierres coraliennes atteignant près de 15 mètres de hauteur. Aujourd'hui partiellement en ruines (les pierres ont servi à construire des routes coloniales), il témoigne de la puissance de la famille royale Teva. Marchez autour avec respect : pour nous, ces pierres gardent la mémoire de nos tupuna (ancêtres).
Plonger sur les sites de l'Aquarium et la Vallée Blanche
L'Aquarium, au large de Punaauia, porte bien son nom : tortues vertes, raies léopards, requins à pointes noires et bancs de carangues évoluent dans une eau d'une clarté irréelle. La passe descend en pente douce jusqu'à 30 mètres, couverte de coraux où se cachent murènes et poissons-anges. Les clubs de plongée locaux y emmènent autant les débutants que les confirmés, car chaque palier révèle un écosystème différent.
La Vallée Blanche, plus au large, offre un paysage sous-marin spectaculaire : un canyon de sable blanc entre deux murs de corail où circulent tortues, dauphins et parfois raies manta. La visibilité dépasse souvent 40 mètres. Ces sites incarnent la richesse du lagon tahitien, classé parmi les plus beaux du Pacifique (réservez tôt en haute saison, les sorties se remplissent vite).
Surfer ou admirer la vague mythique de Teahupo'o
Teahupo'o n'est pas qu'une vague : c'est une légende vivante. Ce mur d'eau turquoise qui déroule sur un récif affleurant terrifie même les meilleurs surfeurs du monde. Le Tahiti Pro, étape du championnat mondial, s'y tient chaque année entre mai et août, attirant Kelly Slater, Gabriel Medina et nos champions locaux. Même sans compétition, le spectacle depuis un bateau ancré dans la passe vaut le déplacement : quand les séries passent et que la lèvre retombe, on comprend pourquoi on la surnomme le bout du monde.
Pour les non-surfeurs confirmés, contentez-vous d'admirer depuis le large avec les prestataires locaux (qui respectent les distances de sécurité). Le village de Teahupo'o, lui, mérite aussi qu'on s'y attarde : ambiance tranquille de bout d'île, petites pensions familiales et pêcheurs qui rentrent avec leurs prises. C'est la vraie Tahiti, loin de l'agitation de Papeete.
Randonner jusqu'aux cascades de Faarumai
Les trois cascades de Faarumai – Vaiharuru, Haamarere Rahi et Haamarere Iti – se nichent dans la vallée de Tiarei, sur la côte est humide de l'île. Le sentier démarre au bord de la route et s'enfonce sous une canopée de mape, purau et fougères géantes. La première chute apparaît rapidement : un rideau d'eau de 80 mètres plongeant dans un bassin entouré de rochers moussus. L'eau y est fraîche, presque froide, alimentée directement par les sommets du mont Orohena.
Poursuivez vers les deux autres cascades pour une expérience plus sauvage et solitaire (le sentier se corse un peu, prévoyez de bonnes chaussures car c'est glissant). Cette côte reçoit davantage de pluie que l'ouest, créant ce décor luxuriant typique des vallées tahitiennes. L'ambiance y est apaisante, presque mystique, avec le bruit constant de l'eau qui ruisselle partout autour.
Naviguer en pirogue traditionnelle sur le lagon
Le va'a (pirogue à balancier) est bien plus qu'un sport ici : c'est notre héritage, l'embarcation qui permit à nos ancêtres de peupler le Pacifique en naviguant aux étoiles. Plusieurs clubs de Arue, Pirae ou Punaauia proposent des initiations où vous apprenez à pagayer en rythme avec l'équipage, le balancier affleurant l'eau à chaque coup. La sensation de glisse est incomparable, surtout en fin d'après-midi quand le lagon se pare de reflets dorés et que Moorea se découpe à l'horizon.
Les rameurs locaux vous transmettent les bases : comment tenir la pagaie (hoe), synchroniser les mouvements, sentir le va'a répondre à l'effort collectif. C'est physique mais accessible, et profondément ancré dans l'identité polynésienne. Si vous venez pendant les entraînements de championnat (novembre à février), vous verrez des équipages entiers filer à une vitesse impressionnante : le va'a de compétition est une institution à Tahiti.
Déguster les saveurs du marché et des roulottes
Le marché de Papeete s'anime dès 4 heures du matin quand arrivent les pêcheurs avec leurs paniers de thon rouge, leurs plateaux de poisson perroquet et leurs grappes de chevrettes. Au premier étage, les stands de ma'a tahiti (nourriture tahitienne) servent le mythique poisson cru au lait de coco (notre plat national !), le poulet fafa (épinards locaux au lait de coco), le poe banane ou encore le uru (fruit de l'arbre à pain) sous toutes ses formes. Les mamas vous servent avec générosité, souvent accompagné d'un sourire et d'une anecdote.
Mais l'expérience culinaire incontournable reste les roulottes, ces food trucks colorés alignés place Vaiete chaque soir. Tahitienne, chinoise, pizza, crêpes : chaque roulotte a sa spécialité et ses habitués. Installez-vous aux tables communes face au front de mer, commandez un ma'a chinese-tahitien (chow mein, poulet coco, poisson cru...) et profitez de l'ambiance décontractée qui règne ici. C'est là que Papeete vit vraiment, loin des clichés touristiques.
Observer les baleines au large de Tahiti Iti
Entre juillet et novembre, les baleines à bosse quittent l'Antarctique pour mettre bas dans nos eaux chaudes. Tahiti Iti (la presqu'île) offre les meilleures conditions d'observation : les sorties en bateau au départ de Teahupo'o ou Vairao vous mènent là où ces géants de 15 mètres se reposent avec leurs baleineaux. Le spectacle est bouleversant : sauts, coups de nageoires, souffles qui s'élèvent à plusieurs mètres. Les guides respectent scrupuleusement les distances réglementaires et vous expliquent le comportement de ces visiteurs du Pacifique.
Parfois, on entend leurs chants à travers la coque du bateau : des vocalises graves et modulées qui portent à des kilomètres sous l'eau. Certains prestataires proposent même des mises à l'eau encadrées pour nager près d'elles (à distance respectueuse), une expérience que peu d'endroits au monde autorisent. Réservez tôt car les places partent vite en pleine saison (août-septembre particulièrement).
S'immerger dans la culture au Heiva i Tahiti
Le Heiva (juillet) est l'événement culturel majeur de l'année : concours de chant, de danse traditionnelle ('ori tahiti), de lever de pierre, de préparation du coprah, de décorticage de coco... Pendant tout un mois, Tahiti vibre au rythme des tambours (to'ere, pahu) et des orchestres de guitares. Les groupes de danse répètent toute l'année pour présenter des spectacles élaborés : costumes en plumes, chorégraphies synchronisées, thèmes puisés dans la mythologie polynésienne.
Assister au Heiva, c'est comprendre que notre culture est vivante, transmise, célébrée. Les places à la Maison de la Culture ou au stade de Arue s'arrachent, mais l'ambiance festive gagne toute l'île : défilés de chars fleuris, stands artisanaux, stands culinaires. Si vous ne venez pas en juillet, certains hôtels organisent des soirées 'ori tahiti toute l'année, avec danseurs, musiciens et four tahitien (ahima'a) traditionnel.
Découvrir le trou du souffleur et la grotte de Maraa
À Arahoho, sur la côte est, le trou du souffleur projette des gerbes d'écume à plusieurs mètres de hauteur quand la houle frappe le récif. L'eau s'engouffre dans une faille de lave et jaillit violemment : spectacle brut de la puissance océanique. Le site est accessible librement au bord de la route (attention aux embruns qui mouillent tout, protégez vos appareils). C'est impressionnant surtout par forte houle, quand le Pacifique montre sa force.
Plus au sud, la grotte de Maraa cache trois cavités aménagées autrefois en refuges puis en lieu de culte clandestin pendant la période missionnaire. On y accède par un escalier discret : à l'intérieur, stalactites, bassin d'eau douce et atmosphère mystérieuse. La légende raconte que le demi-dieu Hiro s'y serait reposé lors de ses exploits. Ces deux sites se combinent parfaitement lors d'un tour de l'île par la côte est.
Contempler Papeete depuis le belvédère du Tahara'a
Perché à 600 mètres d'altitude, le belvédère du Tahara'a (anciennement Taharaa) dévoile l'un des plus beaux panoramas de Tahiti : Papeete étalée en contrebas, le lagon turquoise piqué de bateaux, Moorea majestueuse à l'horizon. Les couchers de soleil y sont spectaculaires, quand le ciel s'embrase et que les lumières de la ville commencent à scintiller. L'endroit est prisé des jeunes couples et des photographes (arrivez un peu avant le coucher pour avoir une bonne place).
Le site abrite aussi un restaurant panoramique, mais le point de vue est librement accessible. La route qui y mène serpente à travers une forêt de bambous et de tulipiers africains (c'est la même route que celle du mont Aorai, mais le belvédère est plus accessible). Par temps dégagé, on distingue même Tetiaroa, l'atoll de Marlon Brando, au nord. Un incontournable pour saisir la géographie de Tahiti Nui.
Randonner vers les hauteurs du mont Aorai
Le mont Aorai (2066 mètres) est le deuxième sommet de Tahiti, accessible aux randonneurs expérimentés via un sentier escarpé qui grimpe à travers différents écosystèmes. Le départ se fait depuis le belvédère de Belvedere : quatre à cinq heures de montée jusqu'au refuge du Fare Mato, puis encore plusieurs heures jusqu'au sommet pour les plus courageux. En chemin, la végétation évolue de la forêt tropicale humide aux lichens d'altitude, avec des points de vue vertigineux sur les vallées.
Le sommet perce souvent la couche nuageuse : là-haut, c'est un autre monde, frais et brumeux, où l'on domine toute l'île. Les conditions changent vite (emportez vêtements chauds, coupe-vent et provisions). Certains randonneurs passent la nuit au refuge pour attendre le lever de soleil, moment magique où la brume se lève peu à peu sur Tahiti endormie. Cette randonnée exigeante récompense ceux qui la tentent par des panoramas inoubliables.
Se recueillir au cimetière royal et à la cathédrale de Papeete
Le cimetière royal d'Arue abrite les tombes de la dynastie Pomare, qui régna sur Tahiti au XIXe siècle. Les mausolées blancs, ornés de coquillages et de sculptures, témoignent d'une époque charnière où christianisme et traditions polynésiennes se mêlaient. Le roi Pomare V, dernier souverain, repose ici depuis 1891, trois ans après avoir cédé Tahiti à la France. L'endroit est paisible, ombragé, empreint d'une mélancolie historique.
À Papeete, la cathédrale Notre-Dame (1875) se dresse avec sa façade jaune caractéristique, mélange d'architecture coloniale et d'influences locales. Elle fut le théâtre de nombreux moments clés de l'histoire tahitienne. À l'intérieur, vitraux et autels côtoient des représentations qui intègrent parfois des motifs polynésiens. Ces deux lieux racontent le basculement de Tahiti vers la modernité, avec ses pertes et ses métissages culturels.
S'émerveiller aux jardins d'eau de Vaipahi
Les jardins de Vaipahi, à Mataiea, forment un écrin de verdure où cours d'eau, cascades et bassins naturels se succèdent dans un dédale de sentiers ombragés. Le site est magnifiquement entretenu : on y découvre des dizaines d'espèces de plantes tropicales, des bambous géants, des fougères arborescentes et des fleurs endémiques. Un sentier grimpe jusqu'à un belvédère offrant une jolie vue sur le lagon et la passe de Mataiea.
C'est un lieu frais et apaisant, parfait pour une pause nature lors d'un tour de l'île (l'entrée est gratuite). Les panneaux expliquent les usages traditionnels de certaines plantes : le tamanu pour les soins, le nono aux vertus médicinales, le auti (Cordyline) aux feuilles sacrées. On peut s'y promener une heure ou deux en prenant son temps, écouter le chant des oiseaux et le ruissellement de l'eau : une vraie respiration.
Rencontrer les artisans du tifaifai et du tatouage polynésien
Le tifaifai est l'art du patchwork polynésien : ces grandes tentures aux motifs floraux éclatants ornent les maisons lors des grandes occasions. Les mamas se transmettent les techniques de génération en génération, cousant à la main pendant des mois. À Punaauia ou Paea, certains ateliers ouvrent leurs portes : on y comprend le symbolisme des motifs (chaque fleur a sa signification) et le travail colossal que représente un tifaifai de mariage.
Le tatouage polynésien (tatau) connaît un renouveau spectaculaire depuis les années 1980. Les tatoueurs de Tahiti, formés aux techniques ancestrales, créent des œuvres qui racontent l'histoire familiale, le statut social ou les valeurs de chacun. Plusieurs maîtres tatoueurs (tahu'a tatau) ont pignon sur rue à Papeete : même si vous ne vous faites pas tatouer, échanger avec eux permet de comprendre la profondeur spirituelle de cet art. Chaque motif – tiki, dents de requin, lances – porte un mana spécifique.
Explorer les piscines naturelles et la côte sauvage de Tahiti Iti
Tahiti Iti (la presqu'île) reste plus sauvage et préservée que sa grande sœur. La route côtière s'arrête à Teahupo'o : au-delà, seuls les 4x4 ou les bateaux permettent d'accéder aux plages isolées, aux piscines naturelles creusées dans le récif et aux vallées intactes. Certains guides locaux proposent des excursions vers ces spots secrets où l'on se baigne dans des bassins d'eau turquoise cernés de corail noir.
Le plateau de Taravao, qui relie les deux parties de l'île, offre des points de vue saisissants sur les deux côtes. Par temps clair, on embrasse d'un regard le Pacifique au nord et au sud. Cette presqu'île incarne la Tahiti d'autrefois : peu de constructions, beaucoup de verdure, un rythme de vie ralenti. Quelques pensions familiales accueillent ceux qui veulent s'immerger dans cette authenticité loin de l'agitation touristique.
Découvrir le jardin botanique Harrison Smith
Créé dans les années 1920 par Harrison Smith, professeur américain passionné de botanique, ce jardin de Papeari rassemble plus de 500 espèces tropicales du monde entier. On y déambule sous des arbres centenaires : flamboyants, tecks, caféiers, cacaoyers, vanilliers... Le jardin abrite aussi de nombreuses plantes endémiques de Polynésie, certaines devenues rares à l'état sauvage. C'est un conservatoire vivant, paisible et ombragé.
Les allées mènent vers un plan d'eau couvert de nénuphars géants, des bosquets d'hibiscus (notre fleur emblématique, portée traditionnellement derrière l'oreille), des bambouseraies bruissantes. Des panneaux discrets identifient les espèces. L'endroit se visite tranquillement en une à deux heures : idéal pour les amoureux de botanique ou ceux qui cherchent un havre de fraîcheur lors d'un tour de l'île par la côte sud.