Notre sélection authentique d'activités dans le Parc national de Marojejy
Randonner jusqu'au Camp Mantella à travers la forêt de basse altitude
Cette première étape du trek dans le
parc national de Marojejy vous plonge dans une forêt primaire où palmiers, fougères arborescentes et pandanus forment une voûte presque impénétrable. Le sentier depuis l'entrée du parc serpente entre racines géantes et passerelles de bois glissantes (comptez 3-4 heures de marche), une immersion totale qui fait de cette randonnée l'une des activités nature emblématiques à Marojejy. Les porteurs tsimihety qui vous accompagnent connaissent chaque recoin de cette forêt où leurs grands-parents chassaient autrefois.
Au Camp Mantella (450 m d'altitude), installé près d'un cours d'eau cristallin, vous découvrirez pourquoi ce massif figure parmi les sites les plus préservés de Madagascar. Les grenouilles Mantella, minuscules joyaux jaune vif qui ont donné leur nom au camp, se faufilent dans les mousses pendant que les guides préparent le repas traditionnel au feu de bois. C'est ici que commence vraiment votre aventure marojejienne, loin de tout, avec pour seul bruit le chant des oiseaux endémiques et le bruissement incessant de la forêt.
Observer les sifakas soyeux près du Camp Marojejia
Réveil à l'aube (vers 5h30) pour partir traquer le simpona, ce lémurien d'un blanc immaculé qui ne survit que dans ces forêts humides du nord-est malgache. Entre le Camp Mantella et le Camp Marojejia (900 m), les guides agréés repèrent facilement les familles habituées qui se nourrissent dans la canopée dense. Cette observation des lémuriens représente l'activité phare à Marojejy, celle qui justifie à elle seule le classement UNESCO du massif depuis 2007.
Le spectacle de ces primates aux yeux dorés bondissant de branche en branche avec leurs petits accrochés au ventre reste gravé à jamais dans la mémoire des visiteurs. Les Tsimihety considèrent le simpona comme sacré (fady), ce qui explique sa relative confiance envers l'homme. Vos jumelles légères et vêtements silencieux sont essentiels, tout comme le respect absolu du silence quand le guide lève la main – un geste que tout visiteur du parc apprend vite à reconnaître. Les photographes privilégient la saison sèche (avril-novembre) pour capturer ces moments magiques sans le voile de brume permanent.
Atteindre le sommet du massif à 2 133 mètres d'altitude
L'ascension vers le point culminant de Marojejy constitue l'un des treks les plus exigeants mais gratifiants de Madagascar. Depuis le Camp Simpona (1 250 m), dernière étape avant le sommet, le sentier devient rocheux et la végétation change radicalement – vous quittez la forêt humide pour une lande d'altitude parsemée de lichens et de plantes adaptées au froid nocturne. Cette aventure sportive à Marojejy demande une bonne condition physique (dénivelé de 900 m en terrain abrupt) mais se révèle accessible à tout randonneur endurant.
Au sommet, par temps dégagé, la vue embrasse les forêts primaires s'étendant jusqu'à la vallée de Sambava et l'océan Indien scintillant au loin. Les guides locaux racontent que dans les années 1950, les premiers explorateurs botanistes mettaient une semaine pour atteindre ce pic granitique aujourd'hui accessible en trois jours depuis Manantenina. Vérifiez impérativement la météo avant de partir (la brume enveloppe souvent le sommet dès 10 heures) et prévoyez des vêtements chauds – à cette altitude, les nuits descendent facilement sous 10°C même en été.
Découvrir la biodiversité aux différents étages du parc
Marojejy offre un laboratoire naturel unique où la végétation et la faune changent radicalement selon l'altitude. En basse forêt, vous croiserez les eulemur albifrons aux yeux bleus perçants, tandis qu'en forêt moyenne les hapalemurs (lémuriens mangeurs de bambou) se laissent observer au crépuscule. Cette exploration de la faune et flore fait partie des activités incontournables à Marojejy pour comprendre pourquoi les scientifiques considèrent ce massif comme un condensé de l'évolution malgache.
Les ornithologues viennent du monde entier pour cocher le helmet vanga et le Bernier's vanga, deux espèces endémiques du nord-est. La nuit tombée, les guides vous font découvrir les caméléons endormis sur les branches basses et, avec beaucoup de chance, le rarissime gecko satanic leaf-tailed, véritable maître du camouflage. Chaque étage altitudinal (forêt de basse altitude, forêt de moyenne altitude, forêt de montagne, végétation éricoïde) révèle ses propres trésors botaniques – les fougères arborescentes géantes laissant progressivement place aux mousses et lichens d'altitude.
Partager le quotidien des porteurs et guides tsimihety
Impossible de visiter Marojejy sans les porteurs originaires de Manantenina et Mandena, ces villages tsimihety installés aux portes du parc. Ces hommes transportent vivres, tentes et équipement avec une aisance déconcertante sur des sentiers où vous peinez parfois à garder l'équilibre (le système de portage représente d'ailleurs une activité économique vitale pour ces communautés rurales). Le soir au camp, autour du feu, ils partagent volontiers leurs histoires de forêt et leurs connaissances des plantes médicinales transmises de génération en génération.
Cette immersion culturelle à Marojejy enrichit considérablement l'expérience naturaliste. Vous apprendrez pourquoi les Tsimihety refusent traditionnellement toute autorité (leur nom signifie littéralement ceux qui ne se coupent pas les cheveux en signe de résistance), et comment ils ont cohabité avec cette forêt pendant des siècles avant sa protection. Les repas préparés au camp – riz cantonnais, brèdes sauvages, poisson séché – reflètent l'ingéniosité culinaire locale. Prévoir un budget équitable pour les porteurs (négocié au bureau MNP de Manantenina) participe directement à la préservation du parc en donnant aux villageois une alternative économique à l'exploitation forestière.
Planifier votre expédition depuis Sambava et la région SAVA
Marojejy se mérite : depuis Sambava, capitale mondiale de la vanille et porte d'entrée du parc, comptez 60 kilomètres de piste parfois chaotique jusqu'à Manantenina (2-3 heures en 4x4, davantage en saison des pluies de novembre à mars quand certains tronçons deviennent impraticables). Cette préparation logistique fait partie intégrante de l'aventure à Marojejy, vous plongeant progressivement dans le nord-est authentique avec ses rizières en terrasse, ses plantations de vanille et ses villages traditionnels.
Le bureau de Madagascar National Parks à Sambava ou à l'entrée du parc organise votre trek en détail avec toutes les informations pratiques fournies par
Madagascar National Parks – Marojejy : guides obligatoires (environ 20 000 ariary par jour), porteurs (selon vos besoins), réservation des camps aux capacités limitées (réservez plusieurs semaines à l'avance en haute saison de juillet-août), et droits d'entrée du parc. La région SAVA (Sambava-Antalaha-Vohémar-Andapa) regorge aussi d'artisanat local – nattes tressées, paniers en raphia, vannerie traditionnelle – que vous trouverez sur les marchés de Sambava. Prévoyez également de goûter le fameux riz cantonnais sambavais et le café robusta local avant ou après votre trek, pour compléter cette immersion dans le territoire tsimihety du nord-est malgache.