Notre sélection d'activités uniques à vivre à Nosy Be
La réserve de Lokobe : dernière forêt primaire de l'île
Explorer la réserve de Lokobe, c'est pénétrer dans l'unique vestige de forêt primaire de Nosy Be, accessible en pirogue depuis Ambatozavavy. Les guides locaux, héritiers d'un savoir ancestral, repèrent les lémuriens macaco avant même que vous ne leviez les yeux, distinguent les boas endémiques camouflés dans les branches et vous initient aux plantes médicinales que leurs grands-parents utilisaient déjà, en accord avec les informations détaillées disponibles sur
les informations officielles sur Nosy Be.
La marche serpente sous une canopée épaisse où l'humidité colle à la peau (prévoyez des chaussures fermées et de l'anti-moustique). On y croise des caméléons panthères aux couleurs impossibles, des grenouilles minuscules et, si la chance sourit, le rare lémuri de Lokobe. Les Sakalava considèrent certains secteurs comme sacrés, protégés par des fady que votre guide vous expliquera avec respect.
Hell-Ville, cœur battant de Nosy Be
Andoany, que tout le monde appelle encore Hell-Ville du nom de l'amiral français qui l'a fondée en 1841, dévoile l'histoire cosmopolite de l'île à chaque coin de rue. Le marché central grouille dès l'aube d'étals de vanille, de litchis juteux en saison et de poissons si frais qu'ils brillent encore sous le soleil, pendant que les vendeuses de brèdes négocient en malgache et en shimaore.
L'architecture coloniale délavée raconte les comptoirs arabes, le passage des Indiens qui ont laissé leur cimetière et leur savoir-faire commercial, et l'époque française. La Maison Gérard, bâtisse à colonnes qui abritait les gouverneurs, surveille le port où accostent encore les boutres traditionnels. Flânez jusqu'à la pointe où le phare domine la baie : c'est là que les pêcheurs amarrent leurs pirogues chaque soir en chantant du salegy.
Nosy Iranja, l'île aux deux visages reliés par le sable
Quand la marée descend, une langue de sable blanc immaculé se dévoile progressivement entre les deux îlots de Nosy Iranja, créant un passage éphémère de plusieurs centaines de mètres qu'on traverse pieds nus dans l'eau turquoise. Les tortues vertes viennent pondre ici la nuit (de novembre à mars surtout), laissant des traces profondes que les gardes de la réserve surveillent jalousement au petit matin.
L'îlot Sud abrite un village de pêcheurs vézos et son vieux phare qu'on peut gravir pour embrasser du regard l'archipel entier. Les femmes tressent des paniers en raphia à l'ombre des cocotiers pendant que les enfants jouent dans les vagues. Partez tôt depuis Nosy Be pour profiter de la marée basse en milieu de journée et éviter les groupes qui arrivent vers midi en catamaran.
Nager avec les tortues marines autour de Nosy Sakatia
Les herbiers marins d'Orangea, sur la côte est de Nosy Sakatia, accueillent une population stable de tortues vertes qui broutent paisiblement à quelques mètres de profondeur seulement. L'eau limpide et calme permet même aux enfants de les observer longuement, ces géantes majestueuses qui remontent respirer sans se soucier des humains flottant au-dessus d'elles.
Les pêcheurs locaux, convertis en guides de snorkeling, connaissent les spots où elles se nourrissent selon les heures et les courants. Ils rappellent systématiquement de ne jamais toucher les tortues : un fady ancien veut qu'on respecte ces animaux sacrés, et la science moderne confirme que le stress peut les blesser. Privilégiez les matinées en semaine quand la mer est d'huile et que les bateaux touristiques ne sont pas encore arrivés.
Le Mont Passot et ses huit lacs sacrés au coucher du soleil
Du haut de ses 329 mètres, le Mont Passot domine Nosy Be et ses huit lacs de cratère nichés dans la végétation comme des yeux d'eau mystérieux. Les Sakalava les considèrent comme la demeure des ancêtres royaux, et certains rituels de tromba s'y déroulent encore à la nuit tombée, loin des regards étrangers. On ne se baigne jamais dans ces eaux sacrées où, dit-on, nagent des crocodiles invisibles gardiens des esprits.
L'ascension courte mais raide mène à une plateforme naturelle d'où le coucher de soleil embrase simultanément l'océan, les îlots satellites et les lacs qui reflètent le ciel en technicolor. Arrivez trente minutes avant la golden hour pour installer votre observation, et gardez une lampe frontale pour redescendre tranquillement quand la nuit tropicale tombe d'un coup, comme un rideau.
Observer les baleines à bosse en migration
De juillet à septembre, les baleines à bosse quittent les eaux froides antarctiques pour mettre bas dans le canal du Mozambique, longeant Nosy Be en cortèges majestueux. Les sorties en mer depuis Madirokely ou Hell-Ville permettent d'assister à leurs sauts spectaculaires, leurs nageoires qui claquent la surface et d'entendre sous l'eau leurs chants graves qui résonnent comme des mantras océaniques.
Les capitaines expérimentés coupent le moteur à distance respectueuse, laissant les cétacés approcher d'eux-mêmes si leur curiosité l'emporte. On a vu des mères enseigner à leurs petits comment respirer, comment plonger, scènes d'une intimité bouleversante que seule la patience récompense. Les guides formés à l'observation responsable connaissent les codes de comportement qui protègent ces géantes en pleine nurserie.
Plonger sur les récifs préservés de Nosy Tanikely
Cette réserve marine classée déploie ses jardins coralliens dès cinq mètres de profondeur, accessibles même aux plongeurs débutants qui découvrent émerveillés les gorgones violettes, les bancs compacts de fusiliers argentés et les poissons-perroquets qui croquent le corail en nuages de sable blanc. Les tombants côté océan plongent dans le bleu profond où patrouillent carangues, thons et parfois des requins de récif inoffensifs.
Le vieux phare français de l'îlot, toujours opérationnel, se grimpe en quelques minutes pour une vue panoramique sur l'archipel entier. Les pique-niques se prennent à l'ombre des filaos sur la plage, où les crabes violonistes dansent leur ballet sur le sable pendant que les sternes plongent au large. Venez en semaine si possible, quand les eaux retrouvent leur tranquillité cristalline entre deux marées de visiteurs.
Les distilleries d'ylang-ylang, héritage parfumé de l'île
Nosy Be porte son surnom d'île aux parfums depuis que les planteurs français y ont introduit l'ylang-ylang à la fin du XIXe siècle, transformant l'économie locale en économie de senteurs. Les distilleries d'Ampasipohy et des environs de Hell-Ville ouvrent leurs portes aux visiteurs curieux de comprendre comment ces fleurs jaunes récoltées à l'aube se transforment en huile essentielle précieuse vendue aux parfumeurs de Grasse.
La vapeur circule dans des alambics de cuivre centenaires pendant que les ouvrières trient les fleurs par degré de maturité, sachant d'instinct lesquelles donneront la meilleure qualité. L'odeur suave et entêtante imprègne les vêtements pour des jours. On y découvre aussi le processus du patchouli et du vétiver, autres piliers olfactifs de l'île que l'industrie cosmétique mondiale s'arrache.
Nosy Komba et ses makis apprivoisés
Les lémuriens makis de Nosy Komba ont appris depuis des générations à vivre près des humains, notamment dans le petit parc villageois d'Ampangorina où ils accueillent les visiteurs avec une curiosité désarmante, sautant d'épaule en épaule et quémandant des bananes de leurs grands yeux dorés cerclés de noir. Les villageois les protègent comme des trésors vivants, respectant le fady qui interdit de leur faire du mal.
L'île est aussi réputée pour ses sculpteurs sur bois qui travaillent l'ébène et le palissandre dans leurs ateliers ouverts. Attention toutefois : le commerce du palissandre reste encadré à Madagascar suite aux trafics qui ont décimé les forêts, alors privilégiez les petites pièces certifiées et interrogez les artisans sur la provenance du bois. Les nappes brodées et les vanneries en raphia constituent des alternatives artisanales plus durables.
Naviguer en pirogue traditionnelle avec les pêcheurs sakalava
La pirogue à balancier, cette embarcation ancestrale des Vézos et Sakalava transmise de père en fils, offre une navigation silencieuse et lente qui change radicalement le rapport à la mer. Partir à l'aube avec un pêcheur qui connaît chaque courant, chaque haut-fond et chaque signe du ciel, c'est comprendre comment on lit l'océan avec l'intuition plutôt qu'avec des écrans GPS.
Le balancier en bois flotté file au ras de l'eau pendant que la voile triangulale claque au vent, portant l'embarcation vers les îlots proches ou les zones de pêche ancestrales. Les pêcheurs partagent volontiers leur café sucré du thermos et leurs histoires de tempêtes, de prises miraculeuses et d'ancêtres marins. Cette sortie intime révèle un Nosy Be hors du temps, celui que connaissent ceux qui vivent de et avec l'océan.
Explorer les plantations de vanille, cacao et café de l'île
Au-delà de l'ylang-ylang, Nosy Be cultive cette trinité tropicale qui fait la richesse agricole de Madagascar : la vanille Bourbon grimpant sur ses tuteurs, les cabosses colorées de cacao pendant aux troncs et les caféiers d'ombre donnant leurs cerises rouges. Les plantations familiales, souvent transmises depuis l'époque coloniale, ouvrent leurs parcelles aux visiteurs qui découvrent le travail minutieux derrière chaque gousse, chaque fève.
Les producteurs expliquent la pollinisation manuelle de la vanille (un geste technique que seuls les plus habiles maîtrisent), l'affinage des fèves de cacao et le séchage du café sur des claies au soleil. On y goûte le cacao frais, acidulé et surprenant, et le café torréfié sur place qui n'a rien à voir avec ce qu'on trouve en supermarché. Ces visites soutiennent directement l'économie locale bien mieux que les boutiques de souvenirs standardisés.
Les marchés locaux, théâtres de la vie quotidienne
Le grand marché de Hell-Ville et les marchés de village qui se tiennent à jours fixes révèlent le vrai pouls de Nosy Be, loin des plages à touristes. Dès six heures du matin, les vendeuses installent leurs pyramides de tomates, leurs tas de brèdes mafana (herbes poivrées incontournables), leurs paniers de crabes bleus encore vifs et leurs régimes de bananes de dix variétés différentes.
On y déguste des sambos chauds (beignets farcis) pour quelques ariarys, on négocie les litchis à la saison (novembre-décembre), on découvre le tamarin, le corossol et les mangues juteuses qui tachent les doigts. Les vendeurs de rhum arrangé proposent leurs bouteilles artisanales macérées avec litchis, vanille ou fruits de la passion. C'est là qu'on comprend ce que mangent vraiment les Malgaches : le varié (riz accompagné) avec son ravitoto (feuilles de manioc pilées), son romazava (bouillon de zébu) et ses achards pimentés.
Snorkeling sur les récifs de Madirokely
La plage de Madirokely déroule son sable bordé de récifs peu profonds où le snorkeling s'improvise en quelques brasses depuis le bord. Les coraux abritent des poissons-papillons, des bénitiers géants aux lèvres bleu électrique, des murènes cachées dans leurs trous et parfois des raies pastenagues qui glissent sur le fond sableux en soulevant des nuages de particules.
La marée montante offre la meilleure visibilité et permet d'explorer plus loin vers le tombant où la profondeur change brutalement. Les loueurs de masques et tubas au bord de la plage conseillent volontiers les meilleurs horaires de la journée et les zones à éviter selon les courants. Cette accessibilité fait de Madirokely un excellent spot pour les familles et ceux qui découvrent les fonds marins pour la première fois.
Rencontrer les gardiens des traditions lors des cérémonies de tromba
Le tromba, cette pratique de possession rituelle où les esprits des ancêtres royaux Sakalava s'incarnent temporairement dans des médiums, structure encore profondément la vie spirituelle de Nosy Be. Si vous avez la chance d'être invité à observer une cérémonie (respectueusement, jamais en simple spectateur), vous verrez les participants entrer en transe au son des tambours et des invocations, leur corps habité par des ancêtres qui parlent, conseillent et guérissent.
Ces moments sacrés se déroulent souvent près des doany (lieux saints) ou des tombeaux royaux disséminés sur l'île. Les Sakalava vivent avec leurs ancêtres dans une continuité permanente, consultant les esprits pour les décisions importantes. Certains fady (interdits) découlent de ces croyances : ne jamais pointer du doigt un tombeau, respecter les jours néfastes pour certaines activités, ou éviter certains aliments selon les prescriptions ancestrales. Cette dimension invisible mais omniprésente donne à Nosy Be une profondeur spirituelle que les cartes postales ne montrent jamais.