Nos idées d'activités uniques à faire aux Îles Marquises
Se recueillir sur les tombes de Gauguin et Brel à Atuona
Au cimetière de Calvaire dominant la baie d'Atuona, reposent côte à côte deux géants qui ont choisi notre terre pour dernière demeure : Paul Gauguin, qui peignit ici ses dernières toiles en 1903, et Jacques Brel, tombé amoureux de nos îles dans les années 70. Le peintre recherchait l'authenticité primitive qu'il ne trouvait plus à Tahiti, le chanteur voulait échapper à la gloire et vivre simplement parmi nous. Leurs sépultures fleuries témoignent de l'attachement profond qu'ils portaient à notre fenua, et de celui que nous leur rendons encore aujourd'hui.
Cette visite émouvante se prolonge naturellement par le Centre culturel Paul Gauguin en contrebas, où l'on découvre des reproductions de ses œuvres marquisiennes et des objets de sa maison du Jouir. Pour préparer au mieux votre découverte, vous pouvez consulter
des informations officielles sur les Îles Marquises. Venez en fin d'après-midi quand la lumière dorée enveloppe la baie – vous comprendrez pourquoi ces deux artistes ont choisi de s'ancrer ici pour l'éternité.
Explorer les sites sacrés de Tohua Koueva à Hiva Oa
Dans la vallée d'Atuona se dresse Tohua Koueva, l'un des plus vastes tohua (places cérémonielles) des Marquises. Ces plateformes de basalte accueillaient autrefois nos grandes fêtes tribales où danseurs, guerriers et prêtres se retrouvaient pendant des semaines entières pour célébrer les alliances, les récoltes ou les victoires. On y distingue encore les paepae (fondations de pierre) des anciennes maisons, les fosses de cuisson du umuhei (four traditionnel), et surtout cette énergie particulière qui imprègne les lieux sacrés de notre culture.
Ce site mérite le détour avec un guide local qui saura vous raconter les légendes attachées à chaque pierre et vous expliquer la hiérarchie sociale complexe de notre société pré-européenne. Le matin à l'aube, quand la rosée perle encore sur les fougères géantes, vous ressentirez au mieux l'âme de nos ancêtres qui rythmaient leur vie au son des pahu (tambours sacrés).
Naviguer vers la baie des Vierges de Fatu Hiva
Hanavave, que les missionnaires rebaptisèrent pudiquement "baie des Vierges" en voyant ses pitons phalliques, demeure l'une des baies les plus spectaculaires du Pacifique. En arrivant par la mer – seule approche digne de ce nom –, les aiguilles basaltiques jaillissent de l'océan comme les piliers d'une cathédrale minérale, leur flanc verdoyant plongeant dans une eau d'un bleu quasi irréel. Les anciens racontaient que ces formations abritaient les esprits gardiens de l'île, et franchement, devant cette majesté géologique, on les comprend.
Le petit village de Hanavave, niché au fond de la baie, conserve son rythme paisible où les familles vivent encore de la pêche, de la culture du coprah et de la fabrication du tapa (écorce de banian battée et décorée). Arrivez en fin d'après-midi pour voir les reliefs s'embraser au soleil couchant – c'est à ce moment précis que vous comprendrez pourquoi tant de marins ont ancré ici leur cœur à jamais.
Randonner jusqu'aux cascades de Vaipo à Nuku Hiva
La cascade de Vaipo, qui dévale plus de 350 mètres de falaise dans la vallée d'Hakaui, compte parmi les plus hautes chutes de Polynésie française. Le sentier démarre au fond de la baie après une arrivée en bateau depuis Taiohae, puis serpente entre bambous géants, manguiers sauvages et parois vertigineuses où nichent nos pétrels. Cette randonnée d'environ trois heures représente une immersion totale dans la forêt tropicale marquisienne, avec ses odeurs d'humus, ses chants d'oiseaux endémiques et cette humidité moite qui colle à la peau.
Au pied de la chute, l'eau vaporisée crée une brume permanente qui trempe instantanément les visiteurs – prévoyez des chaussures antidérapantes et partez avec un guide d'Hakaui qui connaît les passages délicats. Les anciens considéraient ce lieu comme habité par des esprits puissants, et quand le voile d'eau s'abat dans un grondement sourd, on ressent effectivement quelque chose de sacré dans cette force brute de la nature.
Contempler les tikis géants du site de Me'ae Iipona
À Puamau sur la côte est d'Hiva Oa, le me'ae (sanctuaire) d'Iipona abrite les plus impressionnants tikis des Marquises. Le célèbre Tiki Takaii, haut de 2,43 mètres, représenterait un guerrier légendaire transformé en pierre pour avoir défié les dieux, tandis que la statue couchée Makaii Taua Pepe, longue de 2,35 mètres, évoque une femme enceinte dans une posture rare. Ces gardiens de pierre basaltique, parfois recouverts de mousse et de lichens, témoignent du génie de nos sculpteurs ancestraux qui taillaient ces colosses sans outils métalliques.
Le site dégage une atmosphère particulière où le temps semble suspendu entre les banyans centenaires et les vestiges de notre civilisation pré-européenne. Nos ancêtres plaçaient ces tikis face aux points cardinaux selon des codes spirituels complexes, marquant ainsi les espaces sacrés (tapu) interdits aux non-initiés. Prenez le temps d'observer chaque détail – les yeux globuleux, les mains posées sur le ventre, les motifs géométriques – qui racontent notre cosmogonie millénaire.
Rencontrer les sculpteurs sur bois de Hakahau à Ua Pou
Hakahau, principal village de Ua Pou, s'est imposé comme un centre majeur de la sculpture marquisienne. Dans leurs ateliers ouverts sur la rue, les artisans travaillent le toa (bois de fer), le miro (bois de rose) et l'os de vache avec une dextérité héritée de générations de sculpteurs. Observer la naissance d'un tiki, d'un ume (casse-tête traditionnel) ou d'un ukulele marquisien sous leurs mains calleuses constitue une expérience fascinante où le geste ancestral rencontre la créativité contemporaine.
Ces maîtres sculpteurs perpétuent les motifs traditionnels – mata hoata (yeux stylisés), niho peata (dents de requin), etua enana (figures divines) – tout en développant leur style personnel. N'hésitez pas à engager la conversation : ils partagent volontiers les légendes qui inspirent leurs créations et expliquent la signification spirituelle de chaque symbole gravé. Acquérir une pièce directement auprès d'eux soutient ce savoir-faire unique inscrit au patrimoine culturel polynésien.
Se faire tatouer selon la tradition marquisienne
Le tatau (tatouage) marquisien, considéré comme le plus raffiné de Polynésie, connaît depuis trente ans une renaissance spectaculaire après avoir été interdit par les missionnaires pendant plus d'un siècle. Chaque motif porte un sens précis : le mata (œil) pour la protection, le tiki pour la connexion aux ancêtres, les vagues pour les voyages maritimes, les tortues pour la sagesse. Nos tatoueurs contemporains, formés par les derniers dépositaires du savoir ancestral, travaillent aujourd'hui à la machine mais respectent scrupuleusement les codes traditionnels et la géométrie sacrée.
Se faire tatouer aux Marquises représente bien plus qu'une simple activité touristique – c'est un rite initiatique qui vous lie spirituellement à notre culture. Les séances peuvent durer plusieurs heures selon l'ampleur du projet, et les meilleurs tatoueurs de Nuku Hiva ou Hiva Oa vous conseilleront sur les motifs appropriés à votre histoire personnelle. Beaucoup de visiteurs repartent avec un petit patu (bracelet) au poignet ou à la cheville, mémoire indélébile de leur passage dans notre archipel.
Assister aux danses traditionnelles du Matavaa
Le Matavaa o te Fenua Enata, notre festival culturel bisannuel organisé en décembre les années paires, rassemble toutes les îles de l'archipel dans une célébration grandiose de notre identité retrouvée. Les troupes de danse rivalisent d'énergie dans le haka (danse guerrière masculine) où les pieds martèlent le sol en rythme, et le bird (danse féminine) aux mouvements ondulants qui racontent les légendes ancestrales. Les corps tatoués des danseurs, la puissance des pahu résonnant dans la nuit, les chants gutturaux des ruʻau créent une atmosphère électrique qui vous saisit aux tripes.
Même hors festival, les groupes culturels de Taiohae, Atuona ou Hakahau se produisent régulièrement lors d'arrivées de bateaux ou d'événements locaux. Ces spectacles ne sont pas de simples animations touristiques mais l'expression vivante d'une fierté culturelle reconquise après les décennies d'acculturation. La jeunesse marquisienne apprend à nouveau les gestes, les chants et les légendes que nos grands-parents avaient dû cacher – assister à ces performances, c'est toucher du doigt la renaissance de notre âme collective.
Parcourir les vallées sauvages à cheval
Les plateaux verdoyants de Hiva Oa et de Nuku Hiva se prêtent merveilleusement aux randonnées équestres qui vous plongent dans nos paysages intérieurs. Du côté de Taaoa ou Hanaiapa, les sentiers serpentent entre purau (hibiscus sauvage), cocotiers centenaires et falaises abruptes offrant des panoramas vertigineux sur l'océan. Les chevaux marquisiens, descendants de ceux amenés au XIXe siècle, connaissent parfaitement ces chemins escarpés et vous portent avec sûreté à travers les gués, les sous-bois humides et les crêtes battues par les alizés.
Cette activité douce permet de rejoindre des vallées isolées où quelques familles cultivent encore le uru (fruit à pain), le taro et élèvent des chèvres semi-sauvages. Les ranchs locaux qui organisent ces sorties respectent le rythme naturel de l'île – ne vous attendez pas à du tourisme formaté mais plutôt à une balade authentique ponctuée de pauses sous les manguiers et de discussions sur la vie marquisienne (prévoyez pantalon léger et eau en quantité, car le soleil tape fort sur les hauteurs).
Découvrir l'artisanat de Tahuata à Hapatoni
Tahuata, la plus petite île habitée de l'archipel, s'est spécialisée dans le travail de l'os de vache et de la nacre avec un raffinement inégalé. Au village de Hapatoni, niché dans une baie turquoise bordée de cocotiers, plusieurs familles d'artisans perpétuent ce savoir-faire délicat qui transforme des matériaux bruts en pendentifs, tikis miniatures, hameçons traditionnels et croix marquisiennes finement sculptés. L'église du village, construite en pierres de corail et bois sculpté, mérite également le détour pour ses autels ornés de motifs traditionnels réinterprétés dans un syncrétisme étonnant.
Les artisans de Tahuata travaillent souvent en famille, transmettant gestes et secrets de fabrication de génération en génération. Leurs créations, vendues à des prix raisonnables comparés aux boutiques de Papeete, constituent des souvenirs authentiques porteurs de notre culture. Profitez de votre passage pour goûter le pamplemousse chinois de Tahuata, réputé comme le meilleur de Polynésie, et vous baigner dans les eaux cristallines de Vaitahu à proximité.
Admirer les pitons basaltiques de Ua Pou au lever du soleil
Ua Pou se distingue dans l'archipel par ses aiguilles volcaniques spectaculaires qui jaillissent du cœur de l'île comme des cathédrales de pierre noire. Les plus célèbres – Oave, Poumaka, Poumaka Iti – culminent entre 800 et 1 000 mètres d'altitude, créant une silhouette reconnaissable entre toutes que les navigateurs polynésiens utilisaient comme amer depuis des siècles. Ces formations géologiques témoignent du volcanisme intense qui créa nos îles il y a plusieurs millions d'années, puis de l'érosion qui sculpta ces pics acérés.
Depuis Hakahau ou en naviguant le long de la côte, ces pitons offrent un spectacle changeant selon la lumière : gris anthracite sous la pluie, pourpres au crépuscule, et flamboyants à l'aube quand les premiers rayons du soleil embrasent leurs flancs. Les anciens voyaient dans ces montagnes sacrées la demeure des esprits puissants, et les grimpeurs expérimentés qui ont tenté l'ascension du mont Oave racontent tous cette sensation troublante d'être observés par quelque chose d'invisible mais omniprésent.
Goûter à la gastronomie locale lors d'un umuhei traditionnel
Le umuhei, notre four enterré, représente le cœur battant de la cuisine marquisienne et un moment de convivialité incomparable. Dans un trou creusé dans la terre, on dispose des pierres volcaniques chauffées à blanc sur lesquelles on dépose cochon sauvage, chevreau, poisson, taro, uru et bananes fe'i enveloppés dans des feuilles de bananier, avant de recouvrir le tout de terre pendant plusieurs heures. Cette cuisson lente infuse les aliments d'une saveur fumée unique et d'une tendresse fondante que les fours modernes ne peuvent égaler.
Plusieurs familles de Taiohae, Atuona ou des petits villages proposent des déjeuners-umuhei où vous partagez leur table dans une ambiance chaleureuse typiquement marquisienne. C'est l'occasion de découvrir le popoi (pâte de uru fermenté à la texture gluante qui surprend les palais non-initiés), le poisson cru au lait de coco agrémenté de citrons locaux, et surtout de comprendre que chez nous, le repas reste un moment sacré de partage où l'on prend le temps de manger, discuter et rire ensemble.