
Entre villages médiévaux et plages dorées, l’île de Rab dévoile des activités idéales pour un week‑end en famille ou un voyage en couple. Avec les idées sélectionnées par Generation Voyage, vous trouverez facilement des sorties, visites et expériences incontournables autour de cette perle croate pour profiter pleinement de chaque instant.
La vieille ville de Rab (Stari Grad) se déploie sur une étroite presqu’île et dévoile son âme à travers ses quatre clochers qui ont traversé les siècles : Saint-Jean, Sainte-Justine, Saint-André et l’imposante cathédrale Sainte-Marie dont le campanile roman du XIIe siècle culmine à 26 mètres. Ces tours racontent l’histoire d’une cité qui fut l’un des plus importants centres culturels de l’Adriatique médiéval. Depuis les remparts restaurés (accessibles toute l’année, entrée 3-4 euros), on embrasse le port dans toute sa splendeur.
Ne manquez pas la Kaldanac, cette rue centrale bordée de demeures patriciennes où le temps semble suspendu. Partez tôt le matin quand les pierres blanches reflètent les premières lueurs et que vous croiserez davantage de chats errants que de touristes. La tour Gagliardi, à l’extrémité est, offre un point de vue exceptionnel pour photographier l’ensemble architectural, surtout au coucher du soleil. Une visite culturelle à Rab absolument incontournable.
Sous la vieille ville s’étend un réseau méconnu de passages souterrains (podrumi) creusés dans la roche calcaire entre le XIIIe et le XVe siècle. Ces corridors servaient autrefois de refuges lors des invasions et de réserves pour les familles nobles. Aujourd’hui, certaines galeries se visitent depuis la rue Donja (entrée près de la cathédrale), révélant des voûtes de pierre brute et des niches taillées à même la roche.
L’atmosphère y est saisissante, presque mystique, avec une température constante de 15°C même en plein été (prenez un gilet). Les guides locaux partagent volontiers les légendes qui entourent ces tunnels, notamment celle du passage secret qui aurait relié le palais princier au monastère bénédictin. Une activité fascinante quand la chaleur accable l’extérieur ou lors des rares jours de pluie.
Le parc forestier de Komrčar borde directement la vieille ville et constitue le poumon vert de Rab depuis des siècles. Ses sentiers ombragés serpentent entre pins d’Alep centenaires, chênes verts et une végétation méditerranéenne dense qui embaume le romarin et la lavande sauvage. Les habitants viennent y faire leur promenade matinale avant que la journée ne chauffe (vers 7-8h), profitant des belvédères aménagés qui surplombent la baie de Saint-Euphémie.
Le sentier principal fait environ 2 kilomètres et se parcourt aisément en moins d’une heure, mais les ramifications permettent de s’enfoncer davantage dans cette forêt littorale préservée. Vous croiserez bancs de pierre, aires de pique-nique et même quelques vestiges de murets antiques. C’est l’endroit rêvé pour une escapade nature sans quitter le centre, parfait pour les activités plein air à Rab accessibles à tous.
Le mont Kamenjak (408 mètres) représente le point culminant de Rab et récompense l’ascension par un panorama à 360 degrés absolument grandiose. Par temps dégagé, on distingue nettement Krk au nord-ouest, Cres et Pag au sud, et même les sommets enneigés des Alpes juliennes slovènes se dessinent à l’horizon. Le chemin balisé depuis le hameau de Mundanije grimpe progressivement à travers une garrigue parsemée de thym et de cistes (comptez 1h30 de montée tranquille).
Au sommet, une table d’orientation en pierre aide à identifier chaque île et cap visible. L’aube y est particulièrement spectaculaire quand la lumière rasante enflamme l’Adriatique, mais le coucher de soleil vaut également le détour si vous redescendez avec une lampe frontale. Prévoyez deux litres d’eau par personne en été car l’ombre se fait rare passé les premiers lacets. Une randonnée incontournable sur l’île de Rab pour les amoureux de grands espaces.
La plage de Lopar, baptisée Paradise Beach par les locaux, étire son kilomètre et demi de sable fin doré face à une eau turquoise dont la profondeur n’excède pas un mètre cinquante sur les cent premiers mètres. Cette configuration exceptionnelle en fait le paradis des familles avec jeunes enfants, qui peuvent barboter en toute sécurité pendant que les parents se prélassent sur le sable chaud. La presqu’île de Lopar compte en réalité une vingtaine de plages et criques, mais celle-ci demeure la plus célèbre et la mieux équipée.
Arrivez avant 10h en juillet-août pour dénicher un bon emplacement, car la fréquentation grimpe rapidement. Les amateurs de tranquillité privilégieront les criques adjacentes comme Livačina ou Stolac, accessibles à pied par un sentier côtier de 15 minutes. Location de masques et palmes disponible sur place pour explorer les herbiers de posidonie qui abritent saupes et girelles. Des activités sécurisées à Lopar dans un cadre naturel préservé.
La plage de Kandarola, située juste sous la vieille ville, détient un titre dont peu de visiteurs ont conscience : elle fut la première plage « organisée » de toute la Croatie en 1889, lorsque des cabines de bain en bois y furent installées pour l’aristocratie austro-hongroise. Aujourd’hui, cette bande de galets bordée d’une promenade ombragée par des pins maritimes centenaires conserve son charme rétro avec ses pontons en bois et ses plateformes bétonnées typiques de la côte dalmate.
L’eau y est cristalline grâce aux fonds rocheux, et l’ambiance résolument locale puisque les familles de Rab s’y retrouvent chaque fin d’après-midi. Le petit café-bar sert des glaces artisanales et un excellent café croate sous les tonnelles. La vue sur les clochers de la vieille ville qui se reflètent dans la mer en fait aussi un spot photo remarquable. Un lieu chargé d’histoire pour vivre le quotidien insulaire authentique.
La baie de Gožinka, lovée sur la presqu’île de Kalifront au sud-ouest de l’île, rassemble plusieurs criques aux eaux d’une limpidité presque irréelle. On y accède par une route sinueuse depuis Mundanije puis un sentier pédestre qui serpente entre romarins et genévriers (20 minutes de marche depuis le parking). Les plages de galets blancs descendent en pente douce vers une mer d’un bleu profond où la visibilité sous-marine dépasse souvent quinze mètres.
C’est le territoire privilégié des locaux qui fuient l’affluence estivale, armés de leurs glacières et de leurs masques de snorkeling pour observer sars, rougets et parfois pieuvres dans les anfractuosités rocheuses. Aucune infrastructure sur place, prévoyez donc eau, nourriture et parasol. Le sentier côtier se prolonge vers la pointe de Kalifront, offrant une magnifique randonnée littorale avec baignades improvisées dans des conques minérales sculptées par l’Adriatique. Une expérience nature authentique loin des sentiers battus.
La plage de Pudarica, face au village de Barbat sur la côte sud, constitue l’un des meilleurs spots de snorkeling de l’île grâce à ses fonds rocheux tapissés d’algues et d’anémones. L’extrémité ouest de la plage, près des rochers, révèle un écosystème dense où évoluent oblades, girelles paons et bancs de saupes. Avec de la patience et un œil attentif, on repère régulièrement des poulpes camouflés dans les crevasses et parfois de magnifiques nudibranches multicolores accrochés aux roches.
La transparence de l’eau le matin (avant que le vent de travers ne se lève vers midi) permet d’observer jusqu’au moindre oursin violet niché dans son trou. Le bar de plage Kaštel loue masques et palmes et sert d’excellents calamars grillés pour le déjeuner face à la mer. Au crépuscule, Pudarica devient l’un des plus beaux points de vue de Rab : le soleil décline derrière la silhouette des quatre clochers médiévaux, embrasant le ciel de teintes orangées. Pensez à rester pour ce spectacle quotidien qui attire photographes et romantiques.
Explorer la côte sud de Rab en kayak de mer permet d’accéder aux multiples criques et grottes marines inaccessibles par voie terrestre, particulièrement autour de la presqu’île sauvage de Kalifront. Plusieurs loueurs proposent des kayaks simples ou doubles depuis Barbat ou Banjol (15-20 euros la demi-journée), certains organisant même des sorties guidées au coucher du soleil. La mer y est généralement calme le matin, avant que la bura (vent du nord-est) ne se manifeste en début d’après-midi.
Les falaises calcaires sculptées par l’érosion dévoilent grottes peu profondes, arches naturelles et conques où l’eau prend des teintes émeraude magiques. On peut y faire des pauses baignade dans une solitude absolue, avec pour seule compagnie les goélands et les martinets qui nichent dans les anfractuosités. Un itinéraire apprécié relie Pudarica à la baie de Gožinka en longeant la côte (environ 2 heures), offrant des sports nautiques sur l’île de Rab dans un cadre naturel exceptionnel.
Le monastère Saint-Euphémie de Kampor, niché dans un écrin de verdure au nord de l’île, fut fondé en 1446 par les franciscains sur un site déjà consacré au culte depuis l’Antiquité tardive. Son église abrite des fresques du XVe siècle remarquablement préservées et un retable baroque d’une grande finesse. Mais le véritable trésor se trouve dans la bibliothèque conventuelle : plus de 10 000 volumes anciens, des incunables, des manuscrits enluminés et des éditions rares qui témoignent du rayonnement intellectuel de Rab à travers les siècles.
Le cloître Renaissance ouvre sur un jardin d’herbes aromatiques où les moines cultivent encore aujourd’hui lavande, sauge et immortelle pour leurs tisanes médicinales. La vue depuis la terrasse embrasse toute la baie de Kamporska Draga dans une sérénité absolue. Les franciscains accueillent les visiteurs avec simplicité (donation libre), partageant volontiers l’histoire du monastère et de sa communauté. Une parenthèse spirituelle et culturelle précieuse, particulièrement appréciable lors des rares journées pluvieuses.
Peu de visiteurs connaissent l’existence des vestiges paléochrétiens de Mundanije, pourtant parmi les plus importants de l’Adriatique orientale. Ce petit village de l’intérieur abrite les ruines d’une basilique à trois nefs du Ve siècle, dont subsistent les fondations, des fragments de mosaïques polychromes et les bases de colonnes en marbre. Les fouilles archéologiques ont également révélé un baptistère avec sa piscine cruciforme parfaitement conservée, témoignant de la christianisation précoce de l’île.
Le site archéologique (accès libre) se visite en toute tranquillité, souvent dans la solitude complète. Des panneaux explicatifs retracent l’importance de cette communauté chrétienne primitive et son rôle dans la région. Depuis Mundanije, le chemin vers le mont Kamenjak démarre à quelques centaines de mètres, permettant de combiner culture et randonnée dans une même sortie. Un témoignage précieux des racines historiques profondes de Rab.
Le village de Supetarska Draga, sur la côte nord-ouest, a su conserver son atmosphère de bourgade de pêcheurs loin de l’agitation touristique. Son petit port abrite encore quelques barques colorées (gajete) traditionnelles, et ses ruelles étroites grimpent entre maisons de pierre aux volets bleus. La plage de galets qui borde le village s’étire sous une pinède naturelle offrant ombre et fraîcheur même aux heures les plus chaudes.
Les habitants y vivent à un rythme insulaire immuable : les anciens jouent aux cartes devant le café du port, les femmes entretiennent jardins potagers et vignes en terrasse. Deux excellentes konobas servent poissons du jour et fruits de mer à prix raisonnables (Konoba Petra et Konoba Kornat). C’est aussi le point de départ idéal pour explorer à pied la côte nord jusqu’à la baie de Sv. Mara, une randonnée côtière de toute beauté entre pins maritimes et criques secrètes. L’authenticité insulaire dans toute sa splendeur.
L’île déserte de Sveti Grgur, visible depuis Lopar, intrigue par ses ruines monumentales : celles d’une ancienne prison pour femmes qui fonctionna de 1948 à 1988 sous Tito. Plusieurs opérateurs proposent des excursions d’une demi-journée depuis le port de Rab (25-30 euros, départs matinaux), incluant la traversée commentée et 2-3 heures sur l’île. Les vestiges impressionnants des bâtiments pénitentiaires, aujourd’hui envahis par la végétation, racontent un pan sombre de l’histoire yougoslave.
Au-delà de l’aspect mémoriel, Sveti Grgur offre des criques aux eaux cristallines d’un bleu électrique où la baignade procure une sensation d’isolement total. Les sentiers pédestres permettent d’explorer l’île en rejoignant les points de vue sur l’archipel environnant. Certains bateaux proposent également un arrêt sur l’îlot de Goli Otok (l’ancienne prison pour hommes), transformant l’excursion en véritable voyage historique. Une excursion d’une journée depuis Rab qui conjugue nature sauvage et mémoire collective.
Chaque année fin juillet (généralement les 25-27), la vieille ville remonte le temps lors de la Rapska Fjera, reconstitution médiévale spectaculaire qui attire des milliers de visiteurs. Pendant trois jours, artisans en costumes d’époque investissent les ruelles pavées, démontrant techniques ancestrales de forge, poterie, tissage et travail du cuir. Les échoppes médiévales vendent pains d’épices, hydromel et objets artisanaux tandis que jongleurs, cracheurs de feu et ménestrels animent chaque place.
Le clou du spectacle reste le tournoi de chevalerie et l’élection de la reine du tournoi selon un rituel datant du XIIe siècle, suivi d’un banquet médiéval gargantuesque dans la cour du palais princier. L’ambiance est festive, authentique, avec cette ferveur locale qui distingue la Rapska Fjera des reconstitutions touristiques standardisées. Si vous planifiez votre séjour, ces dates méritent absolument d’être privilégiées pour vivre Rab dans toute son intensité culturelle et historique. L’événement majeur de l’île.
Le marché matinal de Rab (pazar) s’installe chaque jour sur l’Obala Petra Krešimira IV, la promenade portuaire, dès 7h jusqu’à midi environ. Les producteurs de l’île y déballent figues charnues en saison (août-septembre), miel de lavande doré et parfumé, huile d’olive pressée dans les moulins familiaux, fromages de brebis affinés et légumes de jardins potagers cultivés selon les méthodes traditionnelles. L’ambiance y est conviviale, les échanges en dialecte local rythmés par les plaisanteries des vendeurs.
C’est aussi l’endroit idéal pour dénicher artisanat authentique : objets en bois d’olivier tourné (mortiers, cuillères, planches à découper), dentelles travaillées à la main selon une technique transmise de mère en fille, et sachets de plantes aromatiques récoltées dans la garrigue. Goûtez absolument les figues séchées fourrées aux amandes (smokvenjak), friandise ancestrale de Rab. Prévoyez des espèces car peu de stands acceptent les cartes. Une immersion dans le quotidien insulaire et l’une des meilleures activités gratuites pour s’imprégner de la culture locale.
Les konobas de Rab perpétuent une cuisine insulaire généreuse ancrée dans la tradition maritime et pastorale : poulpe à la peka (cuit sous cloche avec pommes de terre), calamars farcis aux herbes, risotto noir à l’encre de seiche, et l’excellent pršut (jambon fumé) accompagné de fromage de brebis local. Parmi les adresses authentiques, Konoba Rab près du port sert des portions copieuses dans une ambiance chaleureuse, tandis que Konoba Santa Maria dans la vieille ville propose une terrasse romantique sous les glycines.
Le dessert incontournable reste la Rapska Torta, gâteau aux amandes et marasquin dont la recette secrète remonte au XIIe siècle et se transmet jalousement entre les familles patriciennes. Sa forme en spirale symbolise les quatre clochers de la ville, et sa texture moelleuse légèrement alcoolisée en fait la fierté gastronomique absolue de l’île. Achetez-en dans les pâtisseries du centre (Bašpot ou Pandora) pour un souvenir gourmand. Accompagnez le tout d’un verre de Žlahtina (vin blanc de l’île voisine de Krk) ou mieux encore, de vin rouge produit dans les vignobles familiaux de Lopar et Supetarska Draga.
La petite presqu’île de Mišnjak, juste au sud de Barbat, offre une boucle de randonnée facile (45 minutes) particulièrement appréciée en fin d’après-midi. Le sentier balisé longe la côte rocheuse entre pins d’Alep et romarins sauvages, dévoilant à chaque virage de nouveaux points de vue sur la vieille ville de Rab qui semble flotter sur l’eau au loin. Plusieurs petites plages de galets ponctuent le parcours, invitant à des pauses baignade dans une eau transparente.
La pointe de Mišnjak, équipée de quelques bancs, constitue un spot privilégié pour observer le coucher de soleil loin de la foule. On y croise davantage de locaux promenant leur chien que de touristes. Le chemin est accessible toute l’année, y compris en hiver quand la lumière rasante magnifie les couleurs de la pierre et de la végétation méditerranéenne. Un condensé de beauté naturelle à quelques minutes seulement de Rab-ville, parfait pour une escapade contemplative après une journée de visites.
Les oliveraies de Rab, concentrées autour de Supetarska Draga et dans l’arrière-pays de Lopar, comptent plusieurs arbres millénaires aux troncs tourmentés spectaculaires. Ces oliviers (variété locale oblica) produisent une huile d’olive extra-vierge au fruité vert prononcé, légèrement piquante en finale, qui a remporté plusieurs distinctions internationales ces dernières années. Quelques producteurs ouvrent leurs portes pour des visites de leurs oliveraies séculaires et proposent dégustations commentées (famille Frković à Supetarska Draga, OPG Tudor à Lopar).
Vous y apprendrez les méthodes traditionnelles de récolte à la main et de pressage à froid, observerez les vieux moulins à pierre restaurés, et repartirez généralement avec quelques bouteilles de cette huile d’exception introuvable ailleurs. Ces rencontres permettent de saisir l’attachement profond des insulaires à leurs terres et à leurs oliviers, véritables patrimoines vivants transmis de génération en génération. Une expérience authentique qui dépasse la simple dégustation pour toucher à l’identité même de Rab. Contactez les producteurs directement ou renseignez-vous à l’office de tourisme de Rab pour organiser votre visite.