
Entre mer Adriatique et villages parfumés aux essences méditerranéennes, l’île de Lošinj dévoile des idées d’activités et de sorties pour un week-end, un voyage en couple ou des moments en famille. Generation Voyage vous aide à choisir visites, expériences et découvertes autour de ses criques turquoise et de son atmosphère bien-être unique.
Cette statue grecque en bronze, repêchée en 1999 dans nos eaux par un plongeur belge, est l’une des rares au monde dans cet état de conservation. Le musée qui lui est consacré au cœur de Mali Lošinj retrace son incroyable histoire : 2 000 ans sous la mer, une restauration minutieuse à Florence, et un retour triomphal sur l’île. L’athlète de bronze vous fixe avec une intensité troublante, témoignage vivant du passage des navires grecs dans l’Adriatique, et une visite complémentaire du musée de l’Apoxyomène permet d’approfondir cette découverte.
La scénographie moderne met remarquablement en valeur cette pièce archéologique majeure. Le musée présente également l’histoire maritime de Lošinj, île qui a formé des générations de capitaines au long cours reconnus dans toute la Méditerranée. Une visite matinale (avant l’afflux des groupes vers 11h) vous permettra d’apprécier l’Apoxyomène dans un silence presque religieux.
Čikat reste le poumon vert de Mali Lošinj depuis que l’aristocratie austro-hongroise y aménagea ces pins et cyprès à la fin du XIXe siècle. Les sentiers serpentent entre villas Belle Époque aux façades pastel et criques secrètes où l’eau prend des teintes impossibles. La lumière du matin traverse les aiguilles de pins centenaires et dessine des ombres mouvantes sur les dalles de pierre, moment privilégié où vous croiserez surtout des insulaires en promenade matinale.
Le tronçon entre l’ancien sanatorium (aujourd’hui hôtel Bellevue) et la baie de Sabusa offre les plus beaux points de vue sur l’archipel. Ces pavillons austro-hongrois témoignent de l’époque où Lošinj était prescrite par les médecins viennois pour son microclimat thérapeutique exceptionnel. Les plateformes rocheuses jalonnant le sentier invitent à des pauses baignade mémorables (prévoyez des chaussures à semelles antidérapantes).
La colonie de grands dauphins résidents de Lošinj est la plus étudiée de l’Adriatique, avec plus de 220 individus recensés. Le Blue World Institute, installé dans le petit port de Veli Lošinj, organise des sorties matinales où les biologistes partagent leurs connaissances sur ces mammifères fascinants. Chaque dauphin possède un nom et une histoire : Pula, Frida, Nano… Les chercheurs les reconnaissent à leurs nageoires dorsales comme on reconnaîtrait de vieux amis.
L’émotion est toujours intense quand un groupe surgit à l’étrave, jouant dans le sillage du bateau. Ces sorties à l’aube (départs vers 7h30) maximisent les chances d’observation, quand les dauphins chassent activement. Le centre éducatif du port présente également leurs travaux de recherche et sensibilise à la protection de cet écosystème fragile, une approche scientifique qui rend l’expérience d’autant plus enrichissante.
Le sentier démarre près d’Osor et grimpe à travers maquis odorants et dalles calcaires jusqu’au refuge de Televrin, perché à 588 mètres. De là-haut, le panorama embrasse Cres, l’Istrie, les îlots de Kvarner et par temps clair, les Alpes slovènes à l’horizon. L’ancienne station d’observation militaire yougoslave, aujourd’hui abandonnée, témoigne d’un passé stratégique où ces hauteurs servaient à surveiller l’Adriatique.
L’ascension demande trois bonnes heures et des chaussures de randonnée adaptées, mais la récompense visuelle justifie chaque pas. Les locaux y montent souvent en fin d’après-midi pour profiter de la lumière rasante qui embrase les îles. Au printemps, les versants se couvrent d’orchidées sauvages et le chant des alouettes accompagne la montée, transformant cette randonnée en véritable immersion dans la nature méditerranéenne authentique.
Les fonds marins autour de Lošinj recèlent des trésors pour les plongeurs : épaves de navires marchands, amphores antiques, tombants vertigineux peuplés de mérous curieux. La baie de Krivica, accessible uniquement à pied ou par bateau, sert de point de départ idéal pour explorer ces sites. Plusieurs clubs de plongée locaux connaissent les meilleurs spots selon votre niveau, des jardins de posidonie en surface aux épaves plus profondes.
L’eau cristalline offre une visibilité exceptionnelle (souvent 30 mètres et plus), révélant un monde sous-marin préservé. Les plongeurs confirmés apprécient particulièrement l’épave du vapeur Lina, coulé en 1914, devenu habitat pour poulpes et bancs de castagnoles. Pour le snorkeling simple, les rochers de Krivica suffisent amplement : même à trois mètres de profondeur, le spectacle est garanti avec sars, dorades et parfois raies pastenagues.
Perché dans les hauteurs de Mali Lošinj, ce jardin rassemble plus de 250 espèces de plantes médicinales que nos grands-mères utilisaient depuis des siècles : immortelle pour les contusions, sauge pour les maux de gorge, myrte pour les liqueurs digestives. La visite guidée (en plusieurs langues) permet de toucher, sentir et comprendre comment ces herbes s’inscrivent dans la tradition thérapeutique de l’île, reconnue dès le XIXe siècle pour son climat bienfaisant.
Les propriétaires distillent sur place huiles essentielles et liqueurs selon des recettes ancestrales. La boutique propose sachets d’herbes séchées, savons artisanaux et cette fameuse liqueur de myrte qui accompagne si bien le café du soir. Le jardin en terrasses offre aussi une vue splendide sur Mali Lošinj, particulièrement en fin d’après-midi quand le soleil enflamme les toits de tuiles rouges du port.
Osor raconte 4 000 ans d’histoire concentrés dans quelques ruelles pavées. Ce village-musée fut jadis siège épiscopal et ville fortifiée contrôlant le passage entre Cres et Lošinj. La cathédrale du XIe siècle, les tours vénitiennes, les maisons de pierre aux volets délavés composent un décor hors du temps. Des sculptures contemporaines ponctuent les placettes, dialogue audacieux entre patrimoine et création moderne.
Le pont mobile qui relie les deux îles s’ouvre deux fois par jour (11h et 17h généralement) pour laisser passer les voiliers, moment étonnant où la circulation s’interrompt et où tout le monde se penche pour observer le ballet mécanique. L’été, le festival musical d’Osor transforme la cathédrale en salle de concert où résonnent musique baroque et œuvres contemporaines, tradition culturelle majeure qui attire mélomanes de toute l’Adriatique.
La route étroite qui relie Mali Lošinj à Veli Lošinj via Providenca dévoile des panoramas à couper le souffle sur les deux ports et l’archipel. À vélo, cette boucle d’une quinzaine de kilomètres se révèle idéale pour apprécier l’architecture austro-hongroise des villas perchées, construites par les familles viennoises qui fuyaient la capitale pour respirer notre air marin réputé soigner tuberculose et affections respiratoires.
Les cyclistes locaux apprécient particulièrement ce parcours tôt le matin ou en fin d’après-midi, quand la chaleur s’apaise. La descente vers Veli Lošinj offre une succession de virages en épingle où la mer apparaît par intermittence, toujours plus bleue, toujours plus proche. Plusieurs locations de vélos existent dans les deux ports, certaines proposant des vélos électriques pour ceux qui préfèrent économiser leurs forces.
Depuis la marina de Mali Lošinj, des excursions en voilier rejoignent les îlots voisins où le temps semble s’être arrêté. Susak intrigue avec ses plages de sable fin (rarissime en Croatie) et son dialecte unique, préservé depuis des siècles d’isolement. Ilovik séduit par ses jardins luxuriants de roses et d’agaves, son petit port aux eaux translucides où mouillent les voiliers pour la nuit.
Les capitaines connaissent les meilleurs mouillages secrets : criques désertes de Srakane, eaux turquoise de Kozjak où nichent les sternes. Ces sorties à la journée permettent de découvrir l’archipel sous son angle le plus sauvage, loin de toute agitation. Les départs matinaux (vers 9h) maximisent le temps sur l’eau, avec baignades répétées et déjeuner au mouillage (certains skippers préparent brodetto de poisson frais).
Le marché matinal près du port (ouvert jusqu’à 13h) concentre les saveurs de l’île : miel doré de sauge et de romarin, huile d’olive nouvelle pressée à froid, figues séchées sucrées comme des bonbons, poissons de ligne brillants ramenés à l’aube. Les producteurs vous racontent volontiers l’origine de leurs produits, partagent leurs recettes de brodet (ragoût de poissons) ou vous font goûter leur rakija maison.
Pour prolonger l’immersion gastronomique, les konobas traditionnelles disséminées dans les ruelles proposent langoustes grillées, oursins de nos rochers, poulpe sous la peka (cloche de cuisson ancestrale), accompagnés du vin blanc local légèrement salé. Le restaurant Bora Bar à Veli Lošinj ou le konoba Sidro près du port préservent ces recettes transmises de génération en génération, utilisant les aromates cueillis sur les collines environnantes.
Ces deux îlots rocheux au large de Lošinj sont classés réserves naturelles pour leur importance ornithologique. Des colonies d’oiseaux marins y nichent : goélands leucophées, faucons pèlerins, cormorans huppés. Plusieurs excursions permettent d’approcher ces sanctuaires (sans débarquer pour préserver les sites), l’occasion d’observer ces oiseaux dans leur habitat naturel et de comprendre la fragilité de cet écosystème adriatique.
Les biologistes locaux mènent des programmes de suivi des populations, parfois en collaboration avec les visiteurs passionnés. Les eaux autour de ces îlots abritent également herbiers de posidonie remarquables et fonds rocheux spectaculaires. Une sortie en fin d’après-midi révèle souvent les faucons en chasse, planant dans les courants ascendants avant de plonger sur leurs proies avec une précision fascinante.