Notre sélection d'activités incontournables sur l'Île aux Nattes
Observer les baleines à bosse dans le canal de Sainte-Marie
Entre juillet et septembre, les eaux turquoise autour de Nosy Nato deviennent le théâtre d'un ballet spectaculaire : les baleines à bosse viennent mettre bas dans le canal protégé qui sépare l'île de Sainte-Marie. Depuis une pirogue traditionnelle qui glisse silencieusement à la surface, vous les apercevez surgir à quelques dizaines de mètres, baleineau contre le flanc. Les piroguiers respectent une distance de sécurité et connaissent les meilleurs spots d'observation selon les courants (partez tôt, vers 7h, quand la mer est miroir et que les baleines sont actives).
Cette migration annuelle fait partie de l'identité même de l'île, dont l'
histoire et informations sur l’Île aux Nattes sont intimement liées à la mer. Les anciens racontent que leurs grands-parents déjà observaient ces géantes depuis le rivage, et que leur présence était signe de bonne saison pour la pêche. Certains jours de chance, vous assisterez à des sauts complets hors de l'eau, un spectacle qui marque à jamais ceux qui ont la patience d'attendre le bon moment.
La Piscine Naturelle, joyau protégé du lagon
À marée basse, un phénomène magique se produit au nord-est de l'île : une barrière de corail affleure et isole une zone d'eau cristalline où vous avez littéralement pied. Cette piscine naturelle, accessible en pirogue ou à pied selon le coefficient (consultez toujours votre hôte), abrite une faune marine incroyable dans moins d'un mètre d'eau. Poissons-papillons, demoiselles bleues et parfois de jeunes raies se laissent observer dans une tranquillité absolue, comme dans un aquarium géant à ciel ouvert.
Les habitants de Nosy Nato considèrent ce lieu comme précieux et fragile. Le corail met des décennies à se former, alors on y marche avec précaution, on évite les crèmes solaires chimiques qui blanchissent les formations, et on ne touche rien. Cette conscience écologique locale s'est transmise de génération en génération, bien avant que l'écotourisme ne devienne un concept à la mode. Le timing est crucial : deux heures avant et après la marée basse, pas plus.
Le cimetière des pirates, mémoire d'une époque révolue
Sous les filaos qui murmurent au vent, près de la côte ouest, repose un cimetière unique en son genre. Entre le 17ème et le 18ème siècle, Nosy Nato servait de refuge aux pirates qui écumaient l'océan Indien : les frères La Buse, Thomas Tew, et d'autres figures légendaires y ont peut-être séjourné. Les tombes, certaines marquées de crânes sculptés et de symboles mystérieux, d'autres envahies par la végétation tropicale, racontent cette histoire entre violence et liberté que les guides locaux connaissent par cœur.
Se promener ici, c'est toucher du doigt l'âme historique de l'île. Les villageois respectent plusieurs fady (interdits sacrés) liés à ce lieu : on ne crie pas, on ne montre pas du doigt les tombes, et certains jours de l'année, personne n'y va. Cette tradition animiste se mêle aux légendes de trésors enfouis que les enfants du village cherchent encore parfois en jouant, perpétuant sans le savoir une fascination vieille de trois siècles.
Explorer le lagon en snorkeling entre coraux et tortues
Les récifs coralliens qui ceinturent Nosy Nato font partie des mieux préservés de la région. À quelques minutes de pirogue depuis n'importe quelle plage, vous plongez masque et tuba dans un écosystème foisonnant : éponges géantes, gorgones qui ondulent au gré du courant, bancs de chirurgiens bleus, et surtout ces tortues vertes qui paissent tranquillement les herbiers marins. Les meilleurs spots se situent du côté d'Anororo, où la barrière récifale crée un tombant spectaculaire (attention à la profondeur si vous accompagnez des enfants, restez en retrait).
Les pêcheurs locaux ont une relation ambivalente avec ces tortues : autrefois chassées pour leur chair, elles sont aujourd'hui protégées et respectées, signe d'une évolution des mentalités encouragée par les associations environnementales. Votre guide vous montrera peut-être les zones de ponte sur certaines plages, accessibles seulement à certaines périodes et toujours avec discrétion. L'eau est plus claire le matin avant 9h, quand les particules en suspension n'ont pas encore été remuées par les activités de la journée.
Rencontrer les pêcheurs au retour des pirogues
Chaque fin d'après-midi, entre 16h et 17h selon la marée, les pirogues à balancier reviennent se poser sur le sable. Les pêcheurs déchargent leurs casiers et leurs filets encore dégoulinants, triant la prise du jour : rougets, carangues, poulpes parfois énormes. C'est le moment idéal pour échanger avec eux, comprendre les techniques ancestrales de pêche à la ligne ou au harpon, observer la réparation minutieuse des filets que les femmes recousent assises à l'ombre. Cette scène quotidienne constitue le cœur battant de l'économie insulaire, bien plus authentique qu'une excursion organisée.
Si vous parlez quelques mots de français ou que vous acceptez le langage des gestes et des sourires, ces hommes se montrent généreux en histoires. Ils vous raconteront la fois où un requin a tourné autour de leur pirogue, ou comment lire le ciel pour anticiper les tempêtes. Certains vous proposeront même de les accompagner au lever du jour pour une sortie de pêche traditionnelle, une expérience inoubliable qui vous fait comprendre que la mer ici n'est pas un terrain de jeu, mais une source de vie respectée et parfois redoutée.
Découvrir les îlots secrets à marée basse
Quand l'océan se retire, le paysage se transforme radicalement. Des bancs de sable blanc immaculé émergent entre Nosy Nato et Sainte-Marie, créant des îlots éphémères où vous pouvez marcher pieds nus dans quelques centimètres d'eau translucide. Les piroguiers connaissent ces formations par cœur et vous y emmènent pour un moment hors du temps, totalement seuls face à l'horizon, entourés de nuances de bleu impossibles à reproduire sur une photo (prenez quand même votre appareil étanche, les reflets sont magiques).
Ces îlots temporaires attirent aussi une faune particulière : crabes violonistes qui courent sur le sable humide, sternes qui nichent dans les dépressions, petits requins juvéniles qui profitent des eaux peu profondes pour grandir à l'abri des prédateurs. Les enfants du village viennent parfois y ramasser des coquillages selon des règles précises, ne prenant jamais plus que nécessaire. Cette conscience de la ressource limitée s'apprend dès le plus jeune âge et explique pourquoi l'environnement reste aussi préservé malgré la fréquentation touristique croissante.
Randonnée jusqu'au point de vue panoramique du sud
Le sentier qui grimpe vers le Sud Viewpoint serpente entre pandanus épineux et ravinala, l'arbre du voyageur dont les feuilles servent encore aujourd'hui à couvrir les toits des cases traditionnelles. Cette balade de trente minutes traverse la forêt littorale où règne une humidité constante (mettez des chaussures fermées, le terrain devient glissant après les pluies nocturnes). Au sommet, la récompense coupe le souffle : Sainte-Marie s'étire tout du long à l'ouest, l'océan Indien s'étend à l'infini vers l'est, et en contrebas, vous distinguez les toits de tôle rouillée et de palmes des villages.
Ce promontoire était autrefois utilisé comme poste de guet, d'abord par les pirates qui surveillaient l'arrivée des navires, puis par les villageois qui annonçaient le retour des pêcheurs. Les anciens viennent encore s'y asseoir en fin de journée pour discuter des affaires du village, et ils vous feront une place avec plaisir si vous montrez du respect pour ce lieu chargé d'histoires. Partez avant 9h pour éviter la chaleur écrasante du milieu de journée, et protégez vos appareils électroniques de l'humidité ambiante qui s'infiltre partout.
Savourer la gastronomie locale au marché et chez l'habitant
Le petit marché qui s'improvise certains matins près de la côte ne paie pas de mine, mais c'est là que bat le cœur culinaire de Nosy Nato. Sur des nattes tressées s'étalent les trésors du jour : langoustes fraîchement pêchées, fruits de la passion encore accrochés à leur liane, mangues juteuses selon la saison, vanille en gousses que vous sentez à trois mètres. Les mamans vendent aussi leurs achards maison, ce condiment pimenté qui accompagne tous les repas, et leur mofo gasy, ces petits beignets de riz qui fondent dans la bouche.
Pour goûter la vraie cuisine malgache, rien ne vaut une invitation chez l'habitant que votre hôte peut facilement arranger. Vous découvrirez le romazava, ce bouillon de zébu aux brèdes qui mijote des heures, le poisson grillé au feu de bois avec son riz rouge local, et ce rapport à la nourriture où rien ne se perd jamais. On mange assis par terre, on partage le même plat, et on discute longuement après le repas en buvant du ranon'apango, cette eau de riz grillée qui désaltère mieux que n'importe quelle boisson. Ces moments d'échange valent tous les restaurants gastronomiques du monde.
Admirer le coucher de soleil depuis la côte ouest
Quand le soleil commence sa descente vers Sainte-Marie, la côte ouest de Nosy Nato se pare de couleurs irréelles. Le ciel vire à l'orange incandescent, puis au rose, avant de s'embraser dans un dernier éclat rouge qui enflamme les nuages. Les piroguiers proposent des sorties spéciales pour observer ce spectacle depuis l'eau (prévoyez un vêtement léger, la brise marine se lève toujours après 17h30), mais le rivage offre aussi de magnifiques points de vue, notamment près du cimetière des pirates où les filaos découpent leurs silhouettes dans le ciel flamboyant.
C'est le moment où l'île ralentit encore davantage. Les enfants finissent leurs jeux sur la plage, les femmes rentrent du champ de manioc en portant leur charge sur la tête, et les premiers feux s'allument dans les cases. Cette heure dorée, entre jour et nuit, porte un nom en malgache que les anciens prononcent avec respect, comme un moment sacré où le monde des vivants et celui des ancêtres se frôlent. Asseyez-vous simplement, laissez le temps s'étirer, et observez comment la lumière transforme chaque détail du paysage en tableau impressionniste vivant.