
Le littoral français offre un patrimoine phararique d’une richesse exceptionnelle : plus de 150 phares jalonnent ses côtes, des falaises normandes aux criques méditerranéennes, en passant par les côtes sauvages bretonnes et atlantiques. Chaque tour raconte une histoire de navigation, de tempêtes domptées et de gardiens disparus. Certains se visitent, d’autres s’admirent depuis les sentiers côtiers. Accessible toute l’année, cette exploration peut s’organiser région par région pour une immersion complète dans ce patrimoine maritime vivant.
La France compte près de 150 phares actifs répartis sur ses trois façades maritimes, sentinelles dressées face aux caprices de l’Atlantique, de la Manche ou de la Méditerranée. Chacun raconte une histoire de naufrages évités, de gardiens solitaires et d’ingéniosité architecturale portée par l’administration des Phares et Balises qui a révolutionné la signalisation maritime mondiale avec les lentilles de Fresnel. Voici une sélection des plus beaux phares de France qui traverse tout le littoral, des récifs bretons aux caps corses, avec des phares qu’on peut gravir, contempler ou atteindre en bateau selon les saisons.
Érigé à l’embouchure de la Gironde, au large de Royan et du Verdon-sur-Mer en Gironde, le phare de Cordouan est souvent surnommé le « roi des phares » et c’est mérité. Construit à partir de 1584 et mis en service en 1611, il culmine à 67,50 mètres et repose sur un plateau rocheux immergé à marée haute. Son architecture Renaissance, avec ses appartements royaux, sa chapelle intérieure et ses décorations sculptées, n’a aucun équivalent dans le monde de la signalisation maritime. Classé monument historique et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2021, il reste le seul phare en mer encore en activité à bénéficier de ce double statut en France.
L’accès se fait uniquement par bateau depuis Royan ou Le Verdon-sur-Mer, avec une traversée d’environ trente à quarante-cinq minutes selon les conditions. La mer de Gironde peut être capricieuse même par beau temps, prévoyez des vêtements chauds quelle que soit la saison. Une fois à quai sur le plateau rocheux, 311 marches mènent jusqu’à la lanterne depuis laquelle la vue embrasse l’estuaire, l’océan et les côtes charentaises. La période idéale pour visiter se situe entre mai et septembre, quand les traversées sont régulières et les marées favorables.
À la pointe occidentale de l’île d’Ouessant, dans le Finistère, le phare du Créac’h marque l’une des entrées de la Manche les plus fréquentées du monde. Mis en service en 1863, il atteint 55 mètres de hauteur et sa lanterne produit l’un des feux les plus puissants d’Europe, avec une portée nominale de 34 milles marins. Sa robe blanche barrée de larges bandes noires horizontales le rend immédiatement reconnaissable depuis le large. Il est encore pleinement en activité, et son soubassement abrite le Musée des Phares et Balises, une visite qui mérite à elle seule le déplacement jusqu’à Ouessant.
Pour y accéder, il faut embarquer depuis Brest ou Camaret-sur-Mer à destination d’Ouessant, puis rejoindre la pointe du Créac’h à pied ou à vélo depuis le bourg du Stiff. La tour elle-même n’est pas ouverte à la montée, mais le musée installé dans les anciens magasins à huile du phare propose une plongée fascinante dans l’histoire de la signalisation maritime française, avec notamment des systèmes optiques de Fresnel qui ont révolutionné l’éclairage des côtes au XIXe siècle. La lumière de fin d’après-midi sur la pointe, avec les embruns et les fous de Bassan qui tournoient, vaut le voyage.
Le phare de La Jument est peut-être le plus célèbre phare de France grâce à une photographie. Posé sur un rocher isolé à quelques milles au sud-ouest d’Ouessant, dans le Finistère, il fut achevé en 1911 après six années de travaux sur un écueil battu par des conditions parmi les plus violentes d’Europe. Ses 47 mètres de granite brut dominent une mer qui ne lui fait jamais de cadeau. Il est entré dans la légende mondiale en 1989 grâce au photographe Jean Guichard, qui a immortalisé depuis un hélicoptère le gardien Théodore Malgorn debout dans l’encadrement de la porte au moment précis où une vague géante s’apprêtait à tout engloutir.
Ce cliché, devenu l’une des photographies maritimes les plus reproduites au monde, résume mieux que n’importe quelle description ce que représente ce type de phare : un ouvrage construit à la limite du possible, dans un endroit où personne ne devrait techniquement pouvoir bâtir quoi que ce soit. La Jument ne se visite pas, le débarquement étant impossible pour le grand public. On peut l’apercevoir depuis les ferrys qui desservent Ouessant ou lors de sorties en mer organisées autour de l’archipel, par mer calme uniquement.
Surnommé le « Versailles de la mer », le phare de Kéréon se dresse sur le rocher de Men Tensel, dans le passage du Fromveur entre Ouessant et Molène. Inauguré en 1916 après douze années de travaux épiques, il culmine à 43 mètres et son intérieur témoigne d’un luxe rare pour un phare en mer : marqueterie, faïences décorées, balustrades en fer forgé. Charles-Marie Le Dal de Kéréon, qui a financé sa construction, voulait un monument digne des gardiens qui y vivraient dans l’isolement le plus total. Sa construction a nécessité des prouesses techniques : plans inclinés pour hisser les blocs de granite, bateaux spéciaux pour accoster sur le rocher entre deux tempêtes.
Le phare est devenu automatique en 2004, mettant fin à plus d’un siècle de présence humaine dans cette tour au milieu de courants parmi les plus violents d’Europe. Il ne se visite pas, mais peut s’admirer lors de sorties en bateau au départ de Molène ou du Conquet. L’association des Amis des Phares organise régulièrement des campagnes de restauration pour préserver ce joyau du patrimoine maritime français.
Dressé sur les falaises rouges et grises du cap Fréhel, dans les Côtes-d’Armor, ce phare de 33 mètres construit en granite local entre 1946 et 1950 remplace un édifice du XVIIe siècle détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Son feu blanc à éclats est visible jusqu’à 29 milles marins. Ce qui frappe en arrivant ici, c’est moins la tour elle-même que son environnement immédiat : les landes à bruyère et à ajoncs qui s’étendent jusqu’au bord du vide, les falaises qui plongent de 70 mètres dans une mer souvent turquoise, et la silhouette du fort La Latte que l’on distingue à quelques kilomètres vers l’est.
Le phare du Cap Fréhel est accessible en voiture par la D34a depuis Fréhel ou Plévenon. En haute saison, arrivez tôt le matin, le site devient bondé dès midi. La montée est ouverte au public pendant les mois d’été, avec 145 marches jusqu’à la galerie extérieure depuis laquelle la baie de Saint-Brieuc et les îles Anglo-Normandes se dévoilent. C’est l’un des sites naturels les plus spectaculaires de Bretagne nord, et les couchers de soleil depuis le cap valent qu’on s’attarde, de préférence hors saison quand la foule reflue.
Inauguré en 1902, le phare de l’île Vierge détient un record que peu de personnes connaissent : avec ses 82,50 mètres, c’est le plus haut phare d’Europe et le plus haut phare en pierre de taille du monde. Construit en granite bleu de Bretagne, il se dresse sur un îlot désert à deux kilomètres au large de Lilia, dans la commune de Plouguerneau, en Finistère. L’intérieur est revêtu de lambris d’opaline bleue, un matériau choisi pour résister à l’humidité et qui donne à la montée intérieure une atmosphère presque irréelle. 397 marches et une échelle à échelons métalliques pour les derniers mètres : une vraie condition physique est requise, c’est un effort que les personnes cardiaques ou à mobilité réduite ne doivent pas sous-estimer.
Depuis le sommet, le panorama couvre l’archipel de la côte des Légendes, l’estuaire de l’Aber Wrac’h et une grande part du nord Finistère. L’île Vierge est accessible depuis Plouguerneau en bateau, avec une traversée courte d’une quinzaine de minutes. Des visites guidées sont organisées pendant la saison estivale, généralement de juin à septembre. Sur l’île coexistent deux phares : l’ancien phare de 1845, bien plus modeste, et le grand phare de 1902, témoignage de la montée en puissance de l’ingénierie des Phares et Balises au tournant du XXe siècle.
À la pointe de Penmarc’h, commune du sud Finistère, le phare d’Eckmühl est l’un des rares phares français à porter un nom de bataille terrestre. Il fut financé par un legs de la marquise de Blocqueville en hommage à son père, le maréchal Davout, vainqueur de la bataille d’Eckmühl en 1809. Construit en kersantite, une roche volcanique sombre propre au Finistère, et inauguré en 1897, il culmine à 65 mètres au-dessus du niveau de la mer en tenant compte de la hauteur de la falaise sur laquelle il repose. Son fût élancé et son appareil à éclats blancs sont visibles à 23 milles marins.
Eckmühl est l’un des phares bretons les plus facilement accessibles : on arrive directement en voiture au pied de la tour via la D785, et la visite intérieure est ouverte au public pendant les mois d’été. 286 marches jusqu’à la lanterne, avec des paliers qui permettent de souffler et de lire les panneaux d’interprétation. Le site de Penmarc’h lui-même mérite qu’on prenne le temps de s’y promener : l’ancien phare à feux tournants du XVIe siècle se dresse juste à côté, et les chaos de rochers qui s’étendent jusqu’à la mer donnent au lieu un caractère sauvage que peu de caps bretons égalent.
À la pointe Saint-Mathieu, sur la commune de Plougonvelin dans le Finistère, le phare de Saint-Mathieu se dresse depuis 1835 au cœur d’un site chargé d’histoire. Sa tour de 37 mètres domine les ruines d’une abbaye bénédictine fondée au VIe siècle, qui abritait selon la légende le crâne de l’apôtre Mathieu rapporté d’Éthiopie. Le contraste entre le granite clair du phare, les pierres médiévales de l’abbaye en ruines et la chapelle Notre-Dame-de-Grâce crée un ensemble d’une puissance visuelle rare. Son feu blanc guide les navires dans le chenal du Four et marque l’entrée de la rade de Brest, position stratégique majeure qui a vu passer des siècles de trafic maritime.
Le site est accessible en voiture depuis Brest par la D789. La montée du phare est ouverte en saison, avec 163 marches jusqu’à la galerie extérieure d’où la vue embrasse la mer d’Iroise, Ouessant et le chenal du Four. Les ruines de l’abbaye, librement accessibles toute l’année, sont particulièrement saisissantes à la tombée du jour quand la lumière rase vient sculpter les arches romanes et gothiques. Un mémorial aux marins disparus en mer complète ce lieu de mémoire maritime.
À l’extrémité nord-ouest de l’île de Ré, en Charente-Maritime, le phare des Baleines tire son nom des cétacés qui s’échouaient autrefois sur cette pointe basse et sablonneuse. Le phare actuel, inauguré en 1854, atteint 57 mètres et domine un paysage radicalement différent des côtes bretonnes : dunes, pinèdes, marais salants et ciel atlantique immense. Juste à ses côtés se trouve l’ancien phare de 1682, dit « la Vieille Tour », l’un des plus anciens phares de France encore debout, reconverti en musée retraçant l’histoire de la signalisation maritime sur les côtes charentaises.
Le phare des Baleines est accessible en vélo depuis Saint-Martin-de-Ré ou Les Portes-en-Ré par la piste cyclable qui longe la côte nord de l’île, franchement la meilleure façon de le rejoindre. La montée compte 257 marches et est ouverte toute l’année, avec des horaires élargis en été. La vue depuis la galerie embrasse le pertuis breton, l’île d’Oléron au sud et parfois les côtes vendéennes. Le phare est toujours en activité. Sur le chemin du retour, une halte dans les cabanes ostréicoles du port de Saint-Martin s’impose pour goûter les huîtres de Ré élevées dans les claires voisines.
Le phare de Chassiron occupe la pointe nord de l’île d’Oléron, à Saint-Denis-d’Oléron en Charente-Maritime. Avec sa robe à larges bandes horizontales noires et blanches, il est reconnaissable entre tous et sert de repère naturel depuis la mer pour les bateaux qui remontent vers le pertuis d’Antioche. Le premier phare sur ce site date de 1685 ; la tour actuelle, construite en 1836, culmine à 50 mètres et son feu est visible à 28 milles marins. Le jardin qui l’entoure, aménagé avec des ancres, des canons et des outils de marine récupérés sur les côtes alentour, constitue lui-même un petit musée à ciel ouvert.
L’accès se fait en voiture depuis Le Château-d’Oléron via la D734 jusqu’au parking de la pointe, ou à vélo sur la piste qui remonte tout le long de la côte ouest de l’île depuis Domino. Le phare se visite avec une montée de 224 marches jusqu’à la galerie extérieure, d’où la vue sur la rencontre des pertuis breton et d’Antioche est impressionnante. Un jardin des plantes halophiles et une exposition sur la faune locale complètent la visite. Il est en activité.
Dressé à la pointe de Barfleur, à l’extrémité nord-est du Cotentin dans la Manche, le phare de Gatteville-le-Phare est le deuxième phare le plus haut de France avec ses 75 mètres. Construit entre 1829 et 1835 en granite du Cotentin, il possède une cage d’escalier hélicoïdale monumentale de 365 marches, une par jour de l’année, ce que les gardiens d’autrefois appréciaient modérément. Son feu blanc tournant est visible à 29 milles marins. Il garde l’un des courants les plus dangereux de la Manche, le raz de Barfleur, responsable de nombreux naufrages historiques dont celui de la Blanche-Nef en 1120 qui coûta la vie au fils d’Henri Ier d’Angleterre et bouleversa la succession au trône.
Gatteville est facilement accessible depuis Barfleur ou Cherbourg, et la route longe une côte de granit déchiquetée qu’on n’attendrait pas forcément en Normandie. La montée intérieure est ouverte pendant la saison estivale et offre depuis la lanterne un panorama sur la pointe de Barfleur, les îles Anglo-Normandes et l’immensité du trafic maritime du rail de la Manche. Un site remarquable, souvent moins fréquenté que ses équivalents bretons.
Au sud de Port-Vendres dans les Pyrénées-Orientales, le phare du Cap Béar marque l’une des avancées rocheuses les plus abruptes de la côte méditerranéenne française. Construit en 1905, il culmine à 53 mètres au-dessus du niveau de la mer en cumulant la hauteur de la tour et celle de la falaise sur laquelle elle est posée. Peint entièrement en blanc, il contraste violemment avec le schiste sombre et gris du cap, dans un paysage où la garrigue et la mer se rejoignent sans transition. Son feu blanc et rouge guide les navires entre les eaux territoriales espagnoles et l’entrée du golfe du Lion.
Le cap Béar se rejoint par une route étroite et sinueuse depuis Port-Vendres, avec un parking en belvédère qui offre déjà une vue saisissante sur la côte Vermeille et Collioure dans une direction, Banyuls dans l’autre. Le phare lui-même n’est pas ouvert à la visite intérieure, mais les abords sont librement accessibles à pied. Le sentier littoral qui descend vers Paulilles ou remonte vers le cap Rédéris permet de le voir depuis plusieurs angles, au soleil couchant notamment.
À l’extrémité sud de la Corse, sur la commune de Bonifacio en Corse-du-Sud, le phare de Pertusato marque le point le plus méridional de l’île et l’une des entrées des bouches de Bonifacio, ce détroit balayé par des vents et des courants qui ont toujours rendu la navigation délicate entre la Corse et la Sardaigne. Construit en 1844, il culmine à 65 mètres au-dessus de la mer en cumulant la hauteur de la tour de 13 mètres et celle de la falaise de calcaire blanc sur laquelle elle est posée. Il est toujours en activité.
Pour le rejoindre, il faut compter environ 45 minutes à pied depuis le parking de Pertusato, sur un sentier qui longe des falaises vertigineuses au-dessus d’une mer souvent d’un bleu profond. La lumière du soir en fin d’été transforme ce chemin en quelque chose d’assez exceptionnel. La vue depuis les abords du phare sur les bouches de Bonifacio, la Sardaigne toute proche et la haute ville de Bonifacio accrochée à ses falaises est une des plus belles que la Corse ait à offrir. Le phare n’est pas ouvert à la visite, mais aucun grillage ne vous empêche d’en faire le tour et de profiter du panorama depuis ses abords immédiats.
Le phare du Petit Minou garde l’entrée de la rade de Brest, sur la commune de Plouzané en Finistère. Construit en 1848, il repose sur un îlot rocheux relié à la côte par une digue pavée découverte à marée basse. Sa tour blanche de 26 mètres est coiffée d’un toit rouge caractéristique, et son feu blanc et rouge guide les navires dans le goulet de Brest, l’un des passages maritimes les plus stratégiques de France. Il est toujours actif et automatisé. Ce qui rend ce phare particulier, c’est moins sa hauteur que sa position : le voir depuis la plage du Petit Minou avec le passage des navires de guerre, des ferries et des porte-conteneurs en arrière-plan donne une idée très concrète de l’activité maritime qui règne dans la rade.
La plage du Petit Minou est accessible en voiture depuis Brest par la D789 en direction de Roscanvel, avec un parking juste en contrebas. C’est un spot de baignade très fréquenté l’été. La digue qui mène au phare est praticable à pied à marée basse, mais le phare lui-même reste automatisé et n’est pas ouvert aux visiteurs. La vue depuis la pointe voisine sur le goulet, avec les fortifications de Vauban en face sur la presqu’île de Crozon, mérite qu’on s’y attarde.
Le phare du Four se dresse sur un rocher isolé au milieu du passage du Four, ce couloir maritime parsemé d’écueils qui sépare la presqu’île de Kermorvan du continent, au large de Le Conquet dans le Finistère. Sa tour de granite gris, haute de 23 mètres, paraît modeste sur le papier, mais dans ce passage balayé par des courants parmi les plus violents de Bretagne, sa présence a sauvé d’innombrables navires depuis son inauguration en 1874. Avec La Jument et quelques autres, il appartient à cette catégorie de phares construits dans des conditions proches de l’impossible, sur des rochers que la mer recouvre partiellement aux grandes marées.
Contrairement aux phares en mer les plus inaccessibles, le phare du Four peut s’observer de très près lors de sorties nautiques en voilier ou en embarcation semi-rigide au départ du Conquet, mais uniquement par mer calme. Le passage du Four n’est pas un endroit où l’on plaisante avec la météo. Il n’est pas visitable. La vue sur le phare depuis la pointe de Kermorvan, à pied depuis le camping du même nom, donne déjà une belle perspective sur ce rocher isolé avec en toile de fond l’île d’Ouessant. Un site que les photographes de marine apprécient particulièrement lors des grandes marées d’hiver, quand les vagues commencent à lécher la base de la tour.