
Découvrir Barcelone en segway offre une perspective inédite sur cette ville dense et contrastée, où chaque quartier révèle une architecture et une atmosphère distinctes. Le tracé longe généralement le front de mer de la Barceloneta, remonte vers le Parc de la Ciutadella et effleure le quartier gothique. Les guides locaux évitent stratégiquement les Ramblas aux heures de pointe pour privilégier des ruelles bien plus authentiques. Les sessions, encadrées et adaptées aux débutants, durent entre une et trois heures.
Barcelone s’étend sur 101 km², mais la zone touristique praticable en segway couvre au mieux 15 kilomètres carrés, un périmètre qui relie le front de mer, l’Eixample et quelques incursions dans la vieille ville. Depuis 2016, la municipalité a durci les règles : la Rambla est interdite aux segways, plusieurs rues du Barri Gòtic aussi, et les opérateurs doivent obtenir une licence spécifique avec des quotas stricts. Ce n’est pas l’activité la plus aimée des Barcelonais, elle symbolise pour beaucoup le sur-tourisme, mais elle reste efficace pour couvrir rapidement les grandes distances entre la Barceloneta et la Sagrada Família sans souffrir sous le soleil de juillet. Les circuits guidés roulent à 12-15 km/h en moyenne avec des arrêts fréquents, casque obligatoire, formation de 10 minutes au départ.
Ce circuit file le long du littoral depuis le Port Vell jusqu’à la Barceloneta, puis remonte vers le Parc de la Ciutadella en passant parfois devant le Port Olímpic selon les versions. Comptez 35 à 55 € pour 2h30 à 3h avec un guide souvent anglophone ou hispanophone, le français se demande à l’avance avec supplément éventuel. Point de départ habituel : monument à Colomb, au bout de la Rambla côté port. Restrictions classiques : 12 ans minimum, moins de 120 kg, chaussures fermées exigées.
Le meilleur moment se joue sur le Passeig Marítim, là où la transformation post-JO de 1992 saute aux yeux : avant ces Jeux, tout ce quartier était une friche industrielle coupée de la mer, et aujourd’hui on longe des sculptures comme le Peix d’Or, le poisson doré de Frank Gehry, en glissant entre les terrasses et les immeubles rénovés. En juillet-août, partir avant 9h pour éviter la foule et la chaleur qui rend la formation en plein soleil franchement pénible dès 10h.
Précision utile : les segways ne rentrent pas dans les ruelles étroites du Barri Gòtic, celles où deux personnes se croisent à peine et où la municipalité interdit expressément la circulation. Les circuits longent plutôt les bordures, s’arrêtent sur la Plaça de Sant Jaume ou la Plaça Reial, puis rejoignent le Born via Via Laietana, pas par le Passeig del Born lui-même, trop pavé et trop étroit. Durée : 1h30 à 2h, tarif entre 25 et 45 € par personne, départ souvent fixé près de la Plaça de Catalunya.
Ce format convient surtout à ceux qui ont déjà arpenté le Gòtic à pied et veulent un survol rapide avec un guide qui s’arrête exactement aux bons endroits : le Pont del Bisbe, les vestiges romains visibles depuis la rue, les transitions entre époques que les marcheurs pressés ratent. Le circuit marche bien en fin de matinée, lumière favorable pour les façades médiévales, mais il faut accepter de longer sans vraiment pénétrer, le cœur du quartier se mérite à pied.
C’est la formule pour ceux qui n’ont qu’une journée et veulent cocher un maximum de sites sans finir épuisés. Entre 3h et 4h de circuit, 60 à 90 € par personne selon les prestataires et la saison. L’itinéraire type relie la vieille ville, le front de mer, l’Eixample avec un passage devant la Sagrada Família, l’Arc de Triomf et le Parc de la Ciutadella. Départ généralisé près de la Plaça de Catalunya ou du front de mer. Formation, casque et guide inclus.
L’avantage concret se joue sur l’Eixample, ce damier urbain dessiné par l’ingénieur Cerdà en 1859 pour désengorger la vieille ville : chaque bloc fait 113 mètres de côté, et enchaîner plusieurs îlots à pied sous le soleil de l’après-midi relève de l’épreuve. En segway, on glisse sur les grandes artères, on s’arrête devant la Casa Batlló ou la Casa Milà le temps d’une explication, puis on repart. Idéalement, départ vers 9h entre juin et septembre pour profiter de la lumière sur la façade de la Sagrada Família avant que les groupes de cars n’envahissent le parvis vers 11h.
Ce parcours structure la balade autour des œuvres visibles depuis la rue : Sagrada Família, Palau de la Música Catalana, Casa Batlló, Casa Milà, Casa Amatller, et parfois l’Hospital de Sant Pau, souvent oublié des circuits classiques alors que sa façade moderniste mérite le détour. Durée : 2h30 environ, entre 45 et 70 € par personne. Départ généralement depuis l’Eixample ou Plaça de Catalunya. Ce circuit demande un guide bien formé : les anecdotes sur Domènech i Montaner ou Puig i Cadafalch, souvent éclipsés par Gaudí, font toute la différence.
L’avantage du segway ici est évident : entre 1880 et 1920, Barcelone a connu une explosion architecturale unique en Europe grâce à la bourgeoisie industrielle catalane qui voulait afficher sa puissance, et les œuvres qui en résultent sont réparties sur plusieurs kilomètres. À pied, relier tout ça en 2h30 avec des arrêts explicatifs est quasi impossible sans courir. Réserver plutôt en matinée pour la lumière sur les façades en céramique de Gaudí. Ce circuit ne remplace pas les visites intérieures, mais il donne une vision d’ensemble de cette concentration architecturale que peu de villes au monde peuvent offrir sur un rayon aussi compact.
Les vélos électriques gagnent du terrain face aux segways, notamment parce qu’ils passent mieux auprès des résidents et permettent d’accéder à des zones interdites aux engins à deux roues auto-équilibrés. Les circuits en e-bike reprennent globalement les mêmes itinéraires, front de mer, Eixample, modernisme, avec une liberté supplémentaire dans le Gòtic et vers les hauteurs de Gràcia, où la topographie barcelonaise entre Collserola et la mer se fait sentir même en assistance électrique. Tarifs comparables, 30 à 80 € selon durée, mais l’ambiance est souvent moins rigide, moins « troupeau touristique ».
Plusieurs opérateurs proposent des formules hybrides : moitié vélo, moitié arrêts culturels, avec des guides qui connaissent vraiment le sujet et pas seulement un script appris. Barcelona Ciclo Tour, Green Bikes ou Born Bike Tours reviennent régulièrement dans les recommandations fiables. Le vélo électrique permet aussi de s’éloigner des circuits balisés : monter vers le Park Güell par les ruelles de Gràcia, filer jusqu’à Poblenou et ses anciens entrepôts reconvertis, sans subir le regard noir des àvies catalanes qui voient passer les segways devant leur merceria.