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Bye bye Barcelona : le documentaire contre le tourisme de masse

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Bye bye Barcelona : le documentaire contre le tourisme de masse

Barcelone est devenue un parc d’attractions, c’est un simple décor pour les touristes

La deuxième ville d’Espagne est tellement attrayante qu’il est difficile de croire que personne ne pourrait tomber sous son charme. Un documentaire intitulé Bye Bye Barcelona, montre cependant certains résidents qui se questionnent combien de temps pourront-ils supporter de rester là. Le problème ? Le tourisme, une industrie locale qui est devenue si dominante qu’elle risque d’étouffer la vie quotidienne ordinaire au cœur de la ville. Au fil des « bouchons piétonniers » rue après rue, de l’amoncellement des fast-food et des boutiques de souvenirs, le film est un récit édifiant des habitants ne supportant plus la fréquentation perpétuelle des visiteurs.

Voici le documentaire (activez les sous-titres en français sur les paramètres de la vidéo)

Ce qui est frappant dans le documentaire, c’est que Barcelone a longtemps été un modèle international pour les villes portuaires qui tentent de se réinventer. Suite à l’impulsion promotionnelle des Jeux Olympiques de 1992 et une réorganisation de son front de mer, la capitale de la Catalogne s’est construite une réputation de ville méditerranéenne idéale pour les visiteurs. Grandiose et secrète, Barcelone possède de vieilles rues étroites (jusqu’à aujourd’hui peuplées par des gens ordinaires) qui se trouvent à quelques minutes de belles places et d’endroits pour se promener, une taille raisonnable, un taux de criminalité acceptable et un métro qui fonctionne bien. Elle offre à la fois du grand art et une vie nocturne qui se poursuit bien après l’aube, et même après avoir découvert toutes les œuvres de Gaudi, il y a toujours les plages pour se baigner. Le nombre de visiteurs à Barcelone a ainsi grimpé de 1,7 million de visiteurs en 1990 à 7,5 millions en 2013. C’est la troisième ville la plus photographiée au monde.

Le tourisme à Barcelone génère des revenus estimés entre 18 et 22 millions d’euros par jour

Bien sûr, cela a apporté de l’argent à la ville (mais pas dans les poches de tout le monde) transformant des quartiers populaires comme El Born et La Barceloneta en ruche à touristes. Compte tenu de l’économie instable de l’Espagne, l’argent est le bienvenu, mais il a un coût. L’importance du tourisme dans la Ciutat Vella (Vielle Ville) est devenue telle qu’elle risque de devenir un endroit touristique à part entière, où les entreprises répondent à la seule demande (forte et croissante) de touristes : un musée où plus rien ne vit hors des « heures d’ouverture ».

Touristes parc Guell Barcelone

Flickr – Peter

Comme le note Bye Bye Barcelona, ce décalage a entraîné quelques cas démesurés : prenez par exemple le parc Güell de Gaudi. Le prix de son entrée s’élève à présent à 8€ pour tous ses visiteurs sauf les habitants qui vivent dans les quartiers immédiatement autour du parc. C’est peut-être la solution la moins pire… mais pour beaucoup de locaux, voir un parc public devenir payant confirme leur conviction que leur ville est en train de devenir, si ce n’est pas déjà fait, un parc d’attraction urbain.

Sur 10 promeneurs de La Rambla, 8 sont des touristes (source : El Periódico)

Si l’on se souvient bien, il n’y a pas si longtemps (moins de 10 ans), Barcelone (la vieille ville surtout) n’était pas chère, il y avait des hôtels très abordables. L’avenue la plus célèbre de la ville, La Rambla, était bondée, mais pas trop, remplie différemment avec des libraires, des marchés de produits frais et elle était bordée de véritables bars où l’on avait vraiment envie d’aller. Aujourd’hui, cette avenue est devenue pire qu’un centre commercial avec des gens vous harassant en essayant de vous vendre des objets et produits de mauvaise qualité qui n’ont rien à voir avec Barcelone.

Touristes La Rambla Barcelone

Flickr – Jordi Boixareu

Mais attention, de nombreux voyageurs visitant Barcelone ont d’autres envies et d’autres motivations. Bien plus de gens sont attirés par la gastronomie et l’architecture que par les bars à cava pas chers et les tee-shirts du Barça. Si vous vous éloignez de La Rambla, il y a encore de grands quartiers (comme Poble-Sec, Sant Antoni, Gràcia ou encore El Raval) qui ont gardé leur caractère. Fait révélateur, aucun des contributeurs au documentaire Bye Bye Barcelona n’est contre le tourisme en soi. Leur grande colère s’adresse au gouvernement municipal dont la mauvaise gestion du tourisme risque de saper la vitalité urbaine qui attire, en premier lieu, les visiteurs à Barcelone.

Si le patrimoine n’est pas lié à la vie de quartier, alors nous allons vivre dans une ville en papier mâché (une habitante et intervenante du film)

Sources : EL PAÍS, Bye Bye Barcelona

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  1. Dans son livre: » Tourisme de destruction massive » l’auteur André Girod avait prévenu de cette éventualité: Barcelone réagit avec fermeté contre le tourisme de masse qui crée de graves problèmes. A lire.

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