Défiez la Route de la Mort en Bolivie

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Défiez la Route de la Mort en Bolivie

On la dit la « route la plus dangereuse au monde » et son surnom est évocateur: El Camino de la Muerte ou la Route de la Mort, en Bolivie, est l’une des activités touristiques les plus périlleuses au monde, et pourtant, de plus en plus de curieux s’y aventurent

Plus d’une vingtaine de cyclistes ont été tués sur la dite « Route de la Mort » en Bolivie, en tentant de descendre les 3400 mètres de dénivelés des Andes enneigées à la forêt tropicale. Ce danger est en partie de la raison de son attrait.

Bien sûr, il y a de superbes paysages et de belles cascades le long de la bande de terre et de gravier sinueuse de 60 kilomètres qui s’accroche de façon précaire au pan de la montagne. Mais ce sont les occasionnelles tragédies, lorsqu’un cycliste prend un virage en épingle un peu trop large, qui ont fait la légende d’El Camino de la Muerte, faisant d’elle l’une des plus grandes attractions touristiques de Bolivie.

Route de la Mort, Bolivie, La Paz

Crédit photo: Flickr – Marco Antonio

Depuis le mois de janvier 2014, trois cyclistes, dont un guide, ont péri sur celle que l’on appelle également la route des Yungas. Pourtant, le trafic de vélos sur la route gagne environ 5% chaque année, affirme un guide travaillant pour le plus grand opérateur de tour à vélo en Bolivie. Arriver entier en bas de la piste « donne aux gens l’impression qu’ils ont en quelque sorte trompé la mort », indique t-il. « Le battage médiatique nous sert très bien. On se sert de ça ».

Dans la capitale bolivienne de La Paz, il n’est pas étonnant de compter une trentaine d’agences spécialisées, avec des noms comme Madness, Vertigo, Barracuda ou encore Black Widow (« veuve noire »). Chaque jour, elles accompagnent des centaines d’amateurs de sensations fortes, pour la plupart étrangers, vers le bas de la Route de la Mort. Les Boliviens, dont certains ont effectué le trajet dans des bus le long de la route, évitent les visites.

La route a été construite dans les années 1930 pour relier la ville de La Paz, située à haute altitude, et la vallée forestière pluvieuse, humide et tiède des Yungas. Le dur travail a été fourni par des soldats paraguayens capturés pendant la guerre du Chaco, dans laquelle les deux nations se sont battues pour une région frontalière dont la rumeur disait (à tort) comporter de vastes réserves de pétrole. La route a été construites avec des pelles et des pioches, le travail était terrible. Beaucoup de travailleurs sont morts pendant la construction de cette route.

Pendant des décennies, la route avait ses propres règles. Le plus important était de conduire sur le côté gauche. Cela permettait aux automobilistes qui descendaient de pouvoir voir à quel point leurs roues étaient proches du précipice. Avec le brouillard, la pluie et les glissements de terrain, les accidents tuaient 200 à 300 personnes par an. C’est en recensant le nombre de morts pour une étude de faisabilité pour un itinéraire alternatif en 1995, que la Banque interaméricaine de développement l’a surnommé la « route la plus dangereuse du monde ».

Une route pavée entre La Paz et les Yungas a ouvert en 2007 récupérant pratiquement tout le trafic routier de la région et transformant ainsi la Route de la Mort en un chemin pour VTT, avec quelques souvenirs macabres, comme quelques croix chrétiennes qui jonches l’itinéraire.

Route de la Mort, Bolivie, croix

Crédit photo: Plan Your Escape

Une découverte hors du commun

Lors d’une descente typique d’El Camino de la Muerte, votre guide n’hésitera pas à vous montrer quelques châssis de bus rouillés au fond d’un canyon. Au bord d’un autre précipice se trouve la plaque des « martyrs de la démocratie » honorant cinq leaders de l’opposition boliviens qui en 1944 ont été poussés par des sbires de la dictature militaire du pays. Plus loin, les aventuriers passeront devant un petit bungalow que les guides locaux expliquent qu’il a été habité par Klaus Barbie, un tortionnaire nazi, connu comme « le boucher de Lyon », qui a fui l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale et a passé le début des années 1950 à gérer une scierie dans les Yungas.

Vous ne croiserez que quelques pickups sur la route. Cette baisse radicale de fréquentation a rendu la route de la mort un peu plus sûre. La plupart des 22 cyclistes décédés enregistrés au cours des 17 dernières années l’ont été avant l’ouverture de la nouvelle route des Yungas. Mais sans le trafic routier d’autrefois, les VTTistes deviennent souvent négligents.

paysage, route de la mort, Bolivie

Malgré le danger, les paysages sont époustouflants – Crédit photo: Flickr – Matthew Straubmuller

En outre, le fait que ce ne soit pratiquement que de la descente, nécessitant un minimum de pédalage, la route attire ainsi des touristes de tous niveaux. Certains commettent des erreurs de débutants, comme freiner fortement de la roue avant, les projetant par dessus leur guidon. De plus, certaines agences locales négligentes (les moins chères en général) proposeraient des vélos mal entretenus avec des plaquettes de frein complètement mortes.

Si l’aventure vous dit, il faut également faire attention aux autres cyclistes de votre groupe, car certains sortent d’une nuit blanche bien arrosée, et sont encore vires. La vitesse est l’un des principaux dangers. Il est aussi arrivé que des chutes, mortelles ou non, soient provoquées par l’inattention d’un cycliste qui filmait la scène ou tentait d’ajuster sa caméra frontale ou fixée sur le guidon.

Connaissiez-vous la Route de la Mort ?

Crédit photo principale : Wikimedia – Warren H

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