Pompéi, un voyage intemporel dans la cité perdue et en péril

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Pompéi, un voyage intemporel dans la cité perdue et en péril

Pompéi fascine. La cité romaine attire quelque 2 millions de visiteurs par an. Aujourd’hui, ce site classé est en danger et pourrait disparaître une seconde fois. Retour sur l’histoire d’une cité prospère qui fut victime de la colère du Vésuve.

C’est sûrement l’une des catastrophes naturelles les plus marquantes et les plus célèbres de toute l’Histoire de l’Humanité et plus particulièrement de l’histoire romaine. Pourtant, que sait-on réellement au sujet de l’éruption du Vésuve qui engloutit la ville de Pompéi et bien d’autres cités aux alentours à l’instar d’Herculanum et Stabies ?

En l’an 79 de notre ère, le 24 août, le Vésuve entra en éruption et causa la mort de plus de 15.000 habitants en à peine 48 heures et modifia à jamais le paysage. Comment retracer l’histoire incroyable de ce cataclysme ? Comment peut-on relater les dernières heures de la population avant le terrible désastre ? C’est notamment en s’appuyant sur les Lettres de Pline le Jeune, sénateur et célèbre avocat romain, qui raconta les événements où son oncle, Pline l’Ancien, très grand scientifique d’alors qui partit pour Pompéi afin de voir l’éruption de plus près.

Toutefois, c’est à partir du 19ème siècle que des archéologues mirent à jour les premiers vestiges de l’antique cité romaine.

Ruines de Pompei avec le Vésuve

Les ruines de Pompéi aujourd’hui, avec le Vésuve – Crédit photo: Wikimedia – ElfQrin

Pompéi avant l’éruption

La ville de Pompéi a toujours été une ville à l’économie florissante car elle bénéficiait d’une situation géographique très intéressante, ce qui en faisait un lieu de villégiature très prisé par les Romains. Pompéi était connue pour être une ville assez riche.

Si, sur le plan politique et culturel, Pompéi n’avait pas l’ampleur de Rome ou de Florence par exemple, la catastrophe qui figea à jamais la cité sous les tonnes de débris et cendres du volcan en fit un lieu exceptionnel, une sorte de rétrospective et une mine précieuse sur la vie quotidienne des Romains au 1er siècle de notre ère.

La population de la ville de Pompéi comptait près de 12.000 âmes et la cité fut construite d’un côté au pied du volcan et, de l’autre côté, était bordée par la mer.

Documentaire diffusé sur France5, « La cité disparue de Pompéi », et mis en ligne par un internaute sur YouTube

Un volcan apparemment éteint

Pour les habitants de Pompéi, tous savaient que le volcan du Vésuve ne s’était jamais endormi pour de bon car il y avait fréquemment des secousses qui démontraient le contraire. Des écrits relatent que le Vésuve faisait l’objet d’histoires diverses mais cela ne constituait jamais une source d’inquiétude. Mais ils étaient loin d’imaginer la calamité qui allait leur tomber dessus, au sens propre comme au sens figuré.

Une première alerte, cependant, avait eu lieu en l’an 62, sous le règne de Néron. Un important tremblement de terre avait détruit une grande partie des édifices de Pompéi. Mais c’était sans compter sur les riches notables de la cité qui avaient reconstruit de magnifiques demeures ornées de fresques, de peintures, de statues et de mosaïques ou de fontaines privées. Pompéi était rapidement redevenue un lieu où se reposer loin des turpitudes et du bruit de Rome.

Une éruption extraordinaire et surprenante

D’après les premières sources communément admises, l’éruption serait survenue l’après-midi du 24 août 79. En l’espace de 24 heures, le volcan s’est mis à cracher des colonnes de nuages de cendres incandescentes typiques sous la forme de pin-parasol jusqu’à 30 kilomètres du sol.

En retombant, ces tonnes de cendres volcaniques recouvrirent la cité de Pompéi ainsi que les villes d’Herculanum et de Stabies sous 6 mètres de boue et le port d’Herculanum (qui, de nos jours, se retrouve dans les terres car la plage a reculé à cause de la catastrophe) où l’habitat était moins cossu qu’à Pompéi, fut écrasé sous une coulée de roche et de lave.

Les habitations et autres structures commencèrent à s’effondrer à cause des cendres et des débris volcaniques et les habitants furent pris au piège sous les décombres en un rien de temps. Des centaines d’autres personnes moururent étouffées sous le coup des nuées ardentes (coulée pyroclastique située à sa base et d’où s’élève un nuage pyroclastique). Durant des heures, le volcan cracha et libéra roches et lave qui dévalèrent les flancs de la montagne pour ensevelir et anéantir tout ce qui se trouvait devant elles.

Le phénomène fut si brutal et si rapide que les habitants ne parvinrent pas à fuir et beaucoup se retrouvèrent brûlés, bloqués et asphyxiés sous même s’en rendre compte.

En à peine plus de 48 heures, ce seront près de 15.000 personnes qui mourront sous cette catastrophe naturelle d’une ampleur considérable et qui modifia le paysage napolitain et de celui de toute une région pour des siècles.

C’est Pline le Jeune qui rendit compte de façon détaillée du désastre auquel il assista et depuis, les vulcanologues donnèrent le nom « d’éruption plinienne » pour qualifier ce type d’éruption volcanique.

Pline le Jeune relate l’histoire où son oncle, Pline l’Ancien, célèbre scientifique et historien, mourut asphyxié à Stabies après avoir voulu apporter son aide aux malheureux Pompéiens.

Eruption du Vésuve

Éruption du Vésuve en 1767. Crédit photo: Flickr – Ωméga *

Des vestiges immortels

Contrairement à ce que l’on peut croire, ce n’est pas toute la population de Pompéi qui périt lors de l’éruption volcanique. En effet, 10% des habitants moururent dans le désastre assommés par les roches, ou les structures des maisons qui volaient en éclat ou brûlés vifs par la lave bouillante. Le reste de la population erra, entre pleurs et cris d’effroi, dans les campagnes environnantes à appeler et à chercher les membres de leurs familles.

Ce sont des fouilles réalisés dès 1872 qui mirent à jour des milliers de corps (environ 2000) figés dans les cendres. La plupart des corps sont restés figés tels qu’ils étaient au moment de l’éruption volcanique. En effet, cette dernière fut si forte avec un nombre considérable de débris et de cendres qu’elle recouvrit les corps et les objets du quotidien, les préservant ainsi de l’oxydation naturelle.

Cela permit de découvrir comment la population vivait alors, quelles étaient leur activité au quotidien, comment les gens s’habillaient, comment ils se nourrissaient.

Beaucoup de squelettes furent très bien conservés naturellement, certains avaient encore toute leur dentition (leurs dents étaient en bon état et à ce titre, l’on pense qu’ils avaient une alimentation équilibrée et variée) tandis que d’autres gardaient encore des lambeaux ou des traces de leurs vêtements (tuniques et robes).

Au cours des fouilles, on découvrit que le mobilier et les corps enterrés instantanément sous des tonnes de cendres et de débris divers ont cédé la place à des cavités intactes.

C’est l’archéologue Giuseppe Fiorelli qui eut l’idée d’injecter du plâtre dans lesdites cavités pour redonner la forme aux habitants, d’où la présence des moulages saisissants, lorsqu’on est sur les lieux, comme « l’homme assis qui se cache le visage » et la « femme enceinte ».

Moulage d'un corps à Pompéi

Les dents de cet homme ont été parfaitement préservées – Crédit photo: Flickr – Carlo Mirante

Moulage d'un corps à Pompéi

Crédit photo: Flickr – Carlo Mirante

Moulage femme enceinte, Pompéi

La « femme enceinte » – Crédit photo: Flickr – Brett Neilson

Protéger Pompéi pour ne pas oublier

Les fouilles et les excavations ont permis de faire sortir de terre des vestiges de maisons particulières, le théâtre, l’amphithéâtre, la caserne des gladiateurs mais aussi des boutiques, des temples, le forum, le vestige de la basilique, des « thermopolium » qui étaient les ancêtres des « fast-food » actuels, etc…

De nos jours, on estime qu’il y a encore de nombreuses découvertes à faire dans le sous-sol de Pompéi.

Inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 1997, le site de Pompéi continue d’inquiéter : non seulement à causes des diverses intempéries qui voient les structures se fragiliser et se dégrader mais aussi le tourisme de masse qui abîme les structures et habitations.

Accès interdit, Pompéi

Crédit photo: Wikimedia – Pasquale Pannone

Même si la dernière éruption du Vésuve (avec une ampleur certes moindre) date de la fin du 19ème siècle, on entend souvent dire que le plus grand risque qui menace aujourd’hui le site tient en la mauvaise gestion des ressources et subventions du gouvernement et de l’Europe. Le pays aurait du mal à préserver ce site classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1997 et depuis menacé d’être listé au patrimoine mondial en péril. Les choses ont bougé récemment depuis que l’Union européenne a averti l’an dernier qu’elle se retirait du financement du Great Pompeii Project, un programme de conservation, d’entretien et de restauration du site.

Le gouvernement italien s’est mis à verser des financements, mais malgré cela et même si les archéologues et les ouvriers sont à pieds d’oeuvre pour préserver ce qu’il reste de Pompéi, la cité n’est pas à l’abri d’un second désastre, cette fois causé par le temps et l’Homme. Un tiers de la ville se trouve encore sous terre, et cela devrait rester ainsi, à l’abri. En attendant, il est important de préserver les deux autres tiers restants du mieux possible, pour retarder l’inévitable effondrement de la cité.

Les fouilles semblent avoir généré plus de questions qu’elles en ont probablement répondu. En regardant la cité de Pompéi aujourd’hui, en regardant le grand théâtre, largement reconstruit et restauré au cours du siècle dernier, il est difficile de ne pas se demander si Pompéi va disparaître à nouveau, très bientôt.

Crédit photo principale : Flickr – Carlo Mirante

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